Strasbourg, 14/06/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen demande aux autorités algériennes de "libérer sans délai" les journalistes condamnés à des peines de prison pour diffamation, de mettre fin à l'acharnement judiciaire vis-à-vis des médias privés algériens pour délit d'opinion et de pénaliser définitivement les délits de presse. Dans la résolution commune adoptée jeudi à Strasbourg, le PE invite la Présidence britannique à relancer le dialogue politique avec l'Algérie et à inscrire la question de la liberté de la presse à l'ordre du jour du Conseil d'association UE/Algérie. Le PE invite la Commission européenne à continuer à promouvoir des programmes visant à renforcer les médias indépendants en Algérie et le développement d'une information pluraliste. Le PE demande que la question de la liberté de la presse soit abordée lors de la prochaine réunion de la délégation interparlementaire pour les relations avec les pays du Maghreb.
Par ailleurs, les parlementaires se félicitent de la ratification de l'Accord d'association UE-Algérie par le parlement algérien et de la possibilité de relancer le dialogue politique avec l'Algérie lorsque cet accord sera mis en œuvre. Ils soulignent l'importance de la politique à l'égard des pays méditerranéens, avec ses plans d'action visant à renforcer la démocratie, l'Etat de droit et le respect des droits humains, et en particulier la liberté de la presse, qui, disent-ils, doit être sérieusement prise en compte lors de l'élaboration de ces plans d'action. Le PE considère en particulier que les dispositions du Code pénal algérien de mai 2001, qui prévoient des peines de prison pour diffamation du Président, du parlement et de toute autre institution publique, sont des entraves à l'exercice de la profession de journaliste en Algérie. Enfin, le PE considère que la levée de l'état d'urgence contribuerait au développement de l'Etat de droit et au respect des dispositions de l'article 2 de l'accord d'association, et demande des mécanismes clairs pour une évaluation régulière du respect de cet article.