Strasbourg, 10/06/2005 (Agence Europe) - Suite à la démission du président bolivien Carlos Mesa, le Parlement européen a adopté jeudi une résolution réaffirmant et espérant que la situation n'entraîne pas un vide du pouvoir. Les parlementaires appellent l'UE à soutenir le processus démocratique en favorisant des espaces de dialogue sur un mode pacifique, et souhaitent envoyer une délégation sur place afin d'évaluer la situation. Le PE se déclare aussi prêt à encadrer, en qualité d'observateur, les processus électoraux où sa présence serait requise. La situation en Bolivie était prévisible, ont insisté plusieurs députés pendant le débat. Pour Marios Matsakis (ALDE, chypriote), les éléments déclencheurs de la crise (répartition des terres, fait que la richesse provenant du gaz naturel ne bénéficie pas au peuple) « sont en place depuis longtemps ». Le désordre à La Paz « fait craindre le pire », selon Luis Yanez Barnuevo Garcia (PSE, espagnol), qui constate: « aucun responsable politique n'a le sens de l'Etat », sauf le président démissionnaire, qui est « plein de bonnes intentions », mais est « un homme seul, sans parti, ni soutien parlementaire ». Raul Romeva i Rueda (Verts-ALE, espagnol) a appelé à une enquête sur le comportement des entreprises européennes sur place (dans le domaine énergétique notamment), alors qu'Ilda Figueiredo (GUE-NGL, portugaise) a plaidé pour l'annulation de la dette extérieure. Pour la Commission, Neelie Kroes a espéré que « les efforts de l'Eglise catholique pour organiser le dialogue et la succession constitutionnelle sans à coup seront un succès ». L'UE a « peu de moyens pour intervenir tant que le pays est en crise », malgré l'existence de projets de soutien démocratique et de protection des minorités indigènes, a-t-elle déploré.