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Bulletin Quotidien Europe N° 8966
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Quelques pas pour rassurer et pour faire rêver les Européens

Cette rubrique reviendra aux grands sujets politiques d'actualité - l'avenir de la Constitution et les nouvelles perspectives financières - à partir de lundi, commencement d'une semaine particulièrement délicate pour l'avenir de l'Union. En cette fin de semaine, je voudrais reprendre une remarque faite hier: l'accélération de résultats positifs sur des dossiers qui traînaient parfois depuis longtemps et qui ont bénéficié tout d'un coup d'une atmosphère favorable, comme si les institutions communautaires avaient senti plus ou moins clairement l'exigence de prouver à l'opinion publique que l'Europe fonctionne, et que ce qu'elle fait est souvent positif pour les citoyens. J'avais cité comme exemple le dépassement des derniers obstacles à l'entrée en vigueur des nouvelles règles sur la taxation de l'épargne. Il y en a d'autres ; j'en choisis une paire.

La lutte contre le terrorisme, pour rassurer les Européens. Dans les sondages d'opinion, la sécurité continue à figurer en tête des priorités des Européens, ensemble avec l'emploi. Mais les progrès de l'action européenne ont été longtemps retardés ou entravés par les divergences (voire les méfiances) entre les Etats membres concernant les moyens d'action, et entre les institutions de l'UE concernant les compétences respectives. Cette semaine, des progrès significatifs ont été enregistrés, grâce notamment au Parlement européen. Les mesures dans ce domaine sont délicates et souvent controversées, car il est très difficile de définir le point d'équilibre entre les exigences de la sécurité et la sauvegarde des droits individuels. Les Européens doivent se résigner: le degré de liberté qui avait été atteint est et sera encore rongé par des contrôles supplémentaires, que ce soit sur les avions, ou pour transporter de l'argent, ou pour le contenu des documents d'identité. Autrefois, aucun contrôle n'était exercé sur les abus de la liberté d'expression, l'accès à la nationalité pour les immigrés était dans plusieurs Etats membres aisé, les Britanniques ne connaissaient même pas l'existence des cartes d'identité. Aujourd'hui, les Pays-Bas et le Danemark ont admis que leurs politiques d'intégration des extra-communautaires ont échoué et le Royaume-Uni introduit les cartes d'identité. Il est évident que ces peuples n'ont pas changé d'un coup leur mentalité et leur opinion à l'égard de la liberté, de la tolérance et du respect de la vie privée, mais ils ont perdu quelques illusions et ils sont obligés de se protéger. Il est positif qu'en Europe existent, et agissent sans entraves, des organisations comme Amnesty International qui veillent soigneusement à ce que les mesures prises ou envisagées ne dépassent pas l'indispensable et respectent les règles internationales ; mais tous les Européens doivent se résigner à vivre avec des contrôles et des limitations qui n'existaient pas; et ils savent à qui et à quoi ils le doivent.

Le Parlement a rejeté un projet de quatre Etats membres (dans ce domaine, la Commission n'a pas un droit exclusif d'initiative) en estimant qu'il allait au-delà de ce qui est indispensable pour la sécurité, et il a approuvé sept rapports qui améliorent les échanges d'informations entre les Etats membres (avec un «guide de bonnes pratiques» pour les polices, afin d'éliminer les prétextes pour ne pas agir), renforcent Europol et Eurojust, prévoient la protection des « infrastructures critiques», etc. Le texte le plus important, parce que définitif et avec un calendrier d'application, est la troisième directive contre le blanchiment d'argent, visant à combattre plus efficacement le financement du terrorisme. Les mesures décidées gênent les banques et les avocats, mais toutes les analyses prouvent qu'il est indispensable de tarir les sources financières des terroristes.

L'espace, pour faire rêver les Européens. C'est le président du Conseil François Biltgen qui a commenté les résultats des travaux ministériels de cette semaine en affirmant que «en cette période où l'Europe ne fait plus rêver, la politique spatiale pourra et devra faire rêver nos concitoyens » et en soulignant ce qu'elle apportera comme innovations technologiques, positives pour l'économie et pour la vie quotidienne des Européens et créatrices d'emplois. La consolidation de Galileo, dont la portée et la signification sont connues de nos lecteurs, sera assurée par les prochaines «perspectives financières». Le deuxième projet phare (GMES, surveillance mondiale de l'environnement et de la sécurité) sera financé par le 7ème programme-cadre de recherche/développement, ensemble avec les recherches de longue durée sur les communications par satellites, alors que les efforts de l'ESA (Agence spatiale européenne) seront concentrés sur l'accès à l'espace et l'exploration spatiale. La Commission européenne a défini le mois dernier les orientations de la politique spatiale européenne dans son Livre blanc (voir notre bulletin n. 8954). Le Conseil en a approuvé le 7 juin les grandes lignes, en soulignant que cette politique doit être « au service des intérêts des citoyens ». Il reste des problèmes à résoudre, mais l'objectif est clair: approuver, dans la prochaine session ad hoc du Conseil, en novembre, le « programme spatial européen » qui mettra en marche cette nouvelle politique de l'UE. (F.R.)

 

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