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Bulletin Quotidien Europe N° 8920
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/economie

Les prévisions économiques de printemps de la Commission européenne anticipent une croissance modérée pour 2005 - La Commission devrait examiner prochainement les risques de déficit excessif en Italie et au Portugal

Bruxelles, 04/04/2005 (Agence Europe) - Les performances modestes de l'économie européenne au deuxième semestre de l'année dernière pèsent sur la croissance attendue en 2005, souligne la Commission européenne dans ses prévisions économiques de printemps. Selon cette analyse, la croissance de la zone euro sera de 1,6% et celle de l'UE à 25 de 2% en 2005, alors qu'elle était tout de même de respectivement 2% et 2,4% en 2004. Dès lors, en 2005, le déficit public moyen de la zone euro devrait se rétracter très légèrement, à 2,6%, avant de revenir au niveau de l'année dernière (2,7%). Dans l'UE à 25, le déficit public moyen restera inchangé en 2005 (2,6%) et sera en 2006 de -2,5%. Selon les prévisions de la Commission, la situation de l'Allemagne semble délicate cette année, avec un déficit de 3,3% ; cependant, sous l'effet d'une probable hausse de la demande intérieure et de la bonne tenue de ses exportations, le déficit allemand devrait retomber sous le plafond de 3% en 2006. Si une relance de la procédure pour déficit excessif contre l'Allemagne n'est pas à l'ordre du jour immédiat de la Commission, la situation des finances publiques en Italie et au Portugal, en revanche, exigera bientôt des décisions. Cependant ces décisions seront prises seulement dès que les discussions entre les autorités de ces pays et Eurostat à propos de la notification des données budgétaires pour 2004 seront finalisées (EUROPE N. 8912). De toute façon, une surveillance accrue de ces Etats membres devrait tenir compte des récents ajustements du Pacte de stabilité et de croissance qui n'exigent pas de modifications des textes réglementaires.

Avant d'atteindre 2,1% et 2,3% l'année prochaine, la croissance du PIB devrait péniblement s'élever à 1,6% dans la zone euro et à 2% dans l'UE à 25 au cours de l'année 2005. Malgré ces chiffres modestes, la structure de la croissance est « bien plus favorable » qu'elle ne l'a été, a relevé le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, lundi devant la presse. Selon Joaquin Almunia, dans les années à venir, la relance s'appuiera moins sur la demande extérieure et plus sur la demande interne et sur une hausse importante de l'investissement. Depuis 2002, les exportations de la zone euro (sauf en Allemagne) ont progressé à un rythme inférieur au commerce mondial, ce qui a entraîné une « perte de compétitivité », a souligné le Commissaire, qui estime que cette perte de parts de marché se prolongera en 2006. Selon lui, cette situation n'est pas uniquement due à la perte de valeur du dollar par rapport à l'euro, qui avait débuté en novembre 2004, mais surtout à « l'augmentation des coûts unitaires du travail dans une série de pays de la zone euro » et à une présence croissante de certains pays émergents (notamment la Chine) sur les marchés des pays industrialisés.

Outre le Royaume-Uni (2,8% en 2005 et 2006) et la Suède (3% et 2,8%), tous les Etats membres issus du dernier élargissement (sauf Malte) affichent des taux très nettement supérieurs à la moyenne européenne. Au sein de la zone euro, l'Irlande (4,9% et 5,1%), le Luxembourg (3,8% et 4%) et la Finlande (3,3% et 2,9%) devraient enregistrer une croissance de plus du double de la moyenne des douze Etats ayant adopté l'euro. L'Italie (1,2% et 1,7%), les Pays-Bas (1% et 2%), le Portugal (1,1% et 1,7%) et, surtout, l'Allemagne (0,8% et 1,6%) connaîtront en revanche des résultats plus faibles. D'une manière générale, ces prévisions s'accompagnent d'un certain nombre de risques, note l'analyse économique de la Commission. Le premier concerne la hausse des prix du pétrole, qui avait déjà affecté la croissance à la fin de 2004, même si l'estimation actuelle du prix du baril de brut (50,9 dollars en 2005 et 48 dollars en 2006) pourrait être revue à la hausse. Les mouvements désordonnés des taux de change et la baisse de la demande des consommateurs figurent parmi les autres risques des prévisions de la Commission à la baisse.

Dans les deux ans à venir, la Commission européenne table sur la création de trois millions d'emplois, avec une augmentation globale de 0,7% en 2005 et 0,8% en 2006, contre 0,5% en 2004. Cela ne devrait toutefois pas entraîner de baisse importante du nombre de demandeurs d'emploi dans l'UE, puisque le taux de chômage demeurera à 9% en 2005, avant de se rétracter à 8,7% en 2006.. Pour l'année prochaine, les prévisions anticipent toutefois une hausse des taux de chômage, par rapport à ceux de 2004, dans une série de pays: en Irlande, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au Portugal et en Hongrie.

En termes d'inflation, les perspectives semblent conformes à l'objectif de la Banque centrale européenne, qui est de maintenir la hausse des prix à 2% du PIB ou proche des 2%, et sont assez homogènes dans les différents Etats membres. Les taux d'inflation de la zone euro et de l'UE à 25 devraient ainsi diminuer de 0,2 point passant de 2,1% en 2004 à 1,9% en 2005, avant d'atteindre respectivement 1,5% et 1,7% en 2006.

L'état des finances publiques est en revanche très différent d'un Etat à l'autre de l'UE, a souligné M. Almunia, en rappelant qu'en 2004, neuf d'entre eux présentaient des déficits excessifs. Quatre Etats membres de la zone euro devraient continuer à se retrouver dans cette situation en 2005: l'Allemagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce. Pour cette dernière, la Commission n'a pas pris en compte les mesures supplémentaires présentées par Athènes pour 2006 au titre de sa mise en demeure pour déficit excessif (article 104§9 du traité). La Commission, qui se prononcera mercredi sur le programme de stabilité actualisé de la Grèce, envisage à ce stade pour ce pays un déficit de 4,5% en 2005 et 4,4% en 2006.

Interrogé sur l'impact de la faible croissance allemande sur le déficit budgétaire allemand, le Commissaire Almunia a expliqué que si en 2005 il y aura un « ralentissement », 2006 sera marqué par une « reprise » des activités en Allemagne. Grâce à une hausse de la consommation privée (plus tardive que dans d'autres pays de l'UE), entraînant une hausse des recettes, l'Allemagne devrait être en mesure de réduire son déficit en 2006 (à 2,8% contre 3,3% en 2005) sans recourir à de nouvelles mesures. Au contraire, la France, qui enregistrera 2% de croissance en 2005 et 2,2% en 2006, devrait respecter le seuil de déficit public cette année (-3%), mais elle risque d'atteindre un déficit de 3,4 en 2006 sans nouvelles mesures, a remarqué M. Almunia. Et de confirmer: « nous continuerons la surveillance des finances publiques » de ces Etats membres, et des décisions sont possibles dans « les prochains mois, mais pas dans les prochaines semaines ».

Est-ce à dire que pour l'Italie et le Portugal, dont les déficits atteindront respectivement -3,6% et -4,9% en 2005 et -4,6% et -4,7% en 2006, les procédures sont imminentes ? Le Commissaire n'a pas infirmé cette possibilité, soulignant qu'il entendait bien « démontrer que ceux qui prétendent la fin du Pacte de stablité se trompent ». Si les normes applicables sont celles en vigueur jusqu'à la date de la modification des règlements d'application du Pacte, M. Almunia, il a toutefois reconnu, en ce qui concerne l'interprétation de la marge d'appréciation de la Commission, qu'il pourrait « introduire des critères conformes aux éléments du consensus » qui n'exigent pas une modification des textes.

L'engagement de procédures pour déficit excessif contre l'Italie et le Portugal reste cependant lié aux conclusions finales des négociations entre Eurostat et les autorités de ces deux pays sur la comptabilisation de certaines données budgétaires pour 2004 et les années antérieures, a toutefois précisé M. Almunia. Le déficit public italien est « clairement au dessus des 3% » et la Commission devrait trancher « dès que possible », a-t-il annoncé, en jugeant que la situation est « inquiétante », car la Commission est « plus pessimiste » que le gouvernement italien sur l'impact des mesures adoptées dans le budget 2005. Dans le cas du Portugal, des décisions sont également attendues, mais uniquement après évaluation du programme de stabilité actualisé, que le nouveau gouvernement portugais devrait transmettre à la Commission « dans les semaines à venir », a indiqué le Commissaire. (Le rapport est disponible sur le site de la Commission à l'adresse suivante: http: //http://www.europa.eu.int/comm/economy_finance/ publications/european_economy/forecasts_en.htm).

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