login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8920
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/etats-unis

Washington est prêt à étendre les pourparlers sur Airbus/Boeing au-delà du 11 avril, mais l'OMC reste une option en cas d'échec

Bruxelles, 04/04/2005 (Agence Europe) - Le secrétaire d'Etat américain adjoint, Robert Zoellick, a affirmé lundi que les Etats-Unis étaient prêts à étendre, si nécessaire, les négociations bilatérales avec l'UE sur l'interdiction des aides publiques à Airbus et Boeing au-delà du 11 avril (quand expirera la première échéance de trois mois fixée en janvier), mais il a aussi souligné que Washington n'hésiterait pas à relancer la procédure litigieuse à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) au cas où ces négociations resteraient sans résultat. « Si nécessaire, nous sommes prêts à étendre la période de 'stand-still' au-delà des 90 jours (convenu le 11 janvier dernier) si l'Union européenne est prête à se tenir aux principes de base que nous avons arrêtés en janvier », a déclaré M. Zoellick devant la presse à l'issue de son entrevue avec le Commissaire en charge des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. Mais, si tel ne devait pas être le cas, alors les Etats-Unis porteraient l'affaire à nouveau devant l'OMC qui a prouvé au cours des dernières années qu'elle est capable de trancher même des différends « très durs », tels que par exemple l'acier. Les Etats-Unis n'estiment pas qu'une telle démarche devant l'OMC doit nécessairement avoir un impact négatif sur la poursuite des négociations sur le cycle de Doha, a souligné M. Zoellick. Ce qu'il faudra du côté européen pour faire aboutir les pourparlers bilatéraux est de la « volonté politique » pour éliminer les aides publiques, y compris les aides au lancement, a-t-il insisté. Auparavant dans la journée, lors d'une visite éclaire à Tallinn, M. Zoellick avait déjà réaffirmé la position américaine sur les aides publiques au secteur aéronautique, soulignant qu'il restait peu de marge de manoeuvre avant la date-butoir des discussions, le 11 avril. « Nous pensons qu'il est temps de mettre fin aux subventions aux avions commerciaux de grande capacité ». « Selon les définitions de l'OMC, une aide au lancement constitue clairement une subvention », a estimé M. Zoellick. Vendredi, le Commissaire Peter Mandelson (commerce) avait estimé que demander à l'OMC de trancher la question serait une « erreur ». Dans un point de vue publié dans le Washington Post, M. Mandelson avait plaidé pour un règlement du différend en dehors des mécanismes de règlement des différends de l'OMC, car « une affaire de cette ampleur surchargerait le système, créerait inévitablement des tensions politiques transatlantiques et les deux avionneurs (Airbus et Boeing) devraient poursuivre leurs activités dans un climat d'incertitude prolongée quant au résultat». Un point de vue que Washington a aussitôt réfuté. « Nous désapprouvons vivement l'affirmation selon laquelle l'OMC n'est pas l'organisme approprié pour résoudre le différend. Le différend Airbus-Boeing est précisément ce pour quoi l'OMC a été créée », a déclaré Richard Mills, porte-parole du représentant américain au Commerce. « Le coeur du problème reste le même: l'UE est-elle prête à mettre un terme aux aides au lancement et à permettre à Airbus et Boeing de rivaliser dans des conditions commerciales normales? ».

M. Zoellick a aussi évoqué avec Mme Ferrero-Waldner les craintes américaines à l'égard d'une éventuelle levée de l'embargo européen sur les exportations d'armes vers la Chine. Devant la presse, M. Zoellick a souligné les « dangers possibles » qu'une telle décision représenterait pour la future coopération transatlantique en matière de défense et sur le commerce d'équipements militaires entre les Etats-Unis et l'Europe. Lors d'une escale à Riga (Lettonie), dimanche, M. Zoellick avait déjà déclaré qu'une levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine affecterait le commerce de matériel militaire entre l'UE et les Etats-Unis. « Cela affecterait certainement nos échanges commerciaux transatlantiques dans la défense parce que les types d'arrangements que nous avons eus avec des groupes de défense en Europe seraient bouleversés », a-t-il expliqué. « Je pense que cela entraverait une partie des opportunités et de l'intégration que nous avons vues se développer », a-t-il ajouté. Le différend entre l'UE et les Etats-Unis sur les ventes d'armes vers la Chine pourrait-il même aller jusqu'à détériorer les relations commerciales transatlantiques tout court ? « Les Etats-Unis et l'Union européenne ont une relation commerciale très forte, et nous voulons la continuer, aussi pour pouvoir réussir les négociations multilatérales sur l'agenda de développement de Doha (…) Nous essayons d'être francs et honnêtes à propos des dangers (liés à l'affaire des ventes d'armes vers la Chine), mais nous ne voulons pas davantage agrandir les problèmes », a souligné M. Zoellick lundi après son entretien avec Mme Ferrero-Waldner. Dans la soirée, le secrétaire d'Etat américain adjoint devait encore rencontrer le vice-Président de la Commission, Günter Verheugen.

M. Zoellick terminera sa tournée européenne (qui, en neuf jours, l'a mené dans 14 pays: Bulgarie, République tchèque, Danemark, Estonie, Belgique, Grèce, Hongrie, Islande, Lettonie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovénie, Espagne) ce mardi avec un échange de vues (à huis clos) avec la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE