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Bulletin Quotidien Europe N° 8920
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/vatican

Hommage des institutions européennes à Jean-Paul II

Bruxelles, 04/04/2005 (Agence Europe) - Les responsables des institutions européennes ont unanimement rendu hommage au pape Jean-Paul II, au lendemain de sa mort le 2 avril.

La Présidence luxembourgeoise, dans un communiqué, évoque le « rôle unificateur joué par le souverain pontife » et « s'incline devant celui qui a contribué à réunir à nouveau l'Est et l'Ouest du continent européen ». Tout au long de son pontificat, Jean-Paul II a œuvré « pour la paix et l'égalité, pour la solidarité et la justice », souligne la Présidence du Conseil, en constatant que « le dialogue entre les civilisations et les religions, la fraternité et la réconciliation ont été au centre du message » du pape. Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président du Conseil européen, a transmis ses condoléances à Eduardo Martinez Somalo, « Camerlengo » de l'église catholique, en rappelant que « le pape a su apporter son message de paix à tous les coins du monde par ses voyages », et que sa visite à Luxembourg, en mai 1985, « reste gravée dans la mémoire de tous les catholiques luxembourgeois ».Quant au Secrétaire général du Conseil et Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, il affirme dans un communiqué que « le monde - et pas seulement les catholiques - a perdu un leader spirituel inoubliable, un champion éclairé de la paix et de la solidarité pour tous. Ce grand esprit européen de notre temps nous manquera ».

« Jean-Paul II ne laissait personne indifférent, ce fut un grand pape. Souhaitons que son successeur maintienne l'engagement de l'Eglise et des croyants sur le chemin de l'ouverture, du renouveau et de la lutte pour la reconnaissance des valeurs universelles », déclare le président du Parlement européen Josep Borrell dans un message soulignant le « charisme » et « l'extraordinaire vitalité » de Jean-Paul II « jusque dans le grand âge ». En particulier, M. Borrell rappelle « les gestes d'ouverture et de dialogue posés par ce pape avec les représentants des autres religions, notamment au cours des rencontres d'Assise ». Et il poursuit: « L'histoire retiendra l'engagement déterminant de Jean-Paul II dans le retour à la démocratie et à la liberté des Etats d'Europe centrale et orientale. Elle retiendra aussi l'action souvent discrète mais concrète en faveur de la reprise du dialogue entre les peuples et les Etats en conflit ainsi que pour le retour à la négociation entre les Etats du Moyen-Orient. A l'occasion de sa visite au Parlement européen le 11 octobre1988, le souverain pontife, s'exprimant comme celui « qui connaît les aspirations des peuples slaves, cet autre poumon de notre même patrie européenne », formait le vœu que « l'Europe, se donnant souverainement des institutions libres, puisse un jour se déployer aux dimensions que lui ont données la géographie et plus encore l'histoire ». Ces vues prémonitoires sont devenues réalité ».

Dans un message au Cardinal Martinez Somalo, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, adresse « un mot spécial de solidarité à la nation polonaise, qui a eu en Karol Wojtyla un de ses fils les plus prestigieux ». « Les Européens n'oublieront jamais sa lutte pour la paix et pour la dignité humaine », déclare M.Barroso, pour qui Jean-Paul II mérite bien le nom de « père fondateur de l'Europe unie ». Ce pape a été un « bâtisseur de ponts entre nations, cultures et religions », dit le président de la Commission, qui rappelle avoir eu le privilège de rencontrer Jean-Paul II à plusieurs reprises et avoir été, à chaque fois, « profondément impressionné par sa personnalité, sa foi et la lucidité de sa vision ».

Pour le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, qui s'exprime en tant que président en exercice de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), Jean-Paul II a été « probablement la plus importante personnalité européenne du dernier quart du 20ème siècle ». Le Secrétaire général de l'OSCE, Jan Kubis, rappelle pour sa part que le Saint Siège avait été parmi les participants à la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) qui avait précédé l'OSCE, et avait signé l'Acte final d'Helsinki en 1975. Jean-Paul II était « totalement engagé à l'égard des principes des droits de l'homme et de la liberté sur lesquels se fonde l'OSCE », souligne M. Kubis.

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