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Bulletin Quotidien Europe N° 8890
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) onu/social

à Budapest, l'OIT discute le rapport de M. Somavia « Gouvernance et travail décent »

Budapest, 16/02/2005 (Agence Europe) - La septième réunion régionale européenne de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui se déroule cette semaine à Budapest, est "le seul espace européen centralisé où les pays de l'UE et de la Communauté des Etats indépendants (CEI) discutent du monde au travail, en toute coopération", a déclaré le Directeur général de l'OIT Juan Somavia avant l'ouverture des travaux. Une bonne gouvernance liée à la création d'emplois décents pour une mondialisation plus juste, une meilleure répartition des richesses dont le dialogue social est un des outils et une bonne protection sociale: tel est le message que tente de faire passer l'OIT cette semaine. Pourquoi des emplois décents? Pour mettre fin aux discriminations, que ce soit vis-à-vis des enfants, des malades du sida ou sur le lieu du travail pour cause de racisme, et pour interdire le travail forcé et le travail des enfants, bref pour respecter les droits humains. La dimension "protection sociale", affirme l'OIT - et ceci fait l'objet d'un consensus en son sein - est possible même dans les pays pauvres et dans le secteur de l'économie informelle.

« La notion de travail décent a été développée de façon tripartite, ce qui explique son équilibre qui est fondé sur trois piliers », a expliqué M. Somavia à EUROPE: 1) la création d'emplois de qualité doit être une priorité ; 2) le droit au travail est un concept clé couvrant les droits universels que sont la non-discrimination, l'égalité entre les personnes, la lutte contre le travail forcé ; 3) le niveau de protection sociale est une composante indispensable. A tout ceci, il faut ajouter la dimension sociale de la mondialisation, une dimension qui semble manquer, note Juan Somavia regrettant que le modèle actuel de mondialisation ne soit pas bénéfique pour tous. Le rapport de M. Somavia, intitulé "Gérer les transitions - Gouvernance et travail décent" discuté à Budapest, évoque en particulier la perception qu'ont les gens de l'influence de la mondialisation sur leur lieu de travail. "On ne tient pas compte des faibles ? On manque d'éthique et le plus fort rafle la mise", déplore M.Somavia.

L'OIT soutient fortement l'agenda social présenté la semaine dernière par le Commissaire Spidla, affirme M. Somavia (EUROPE du 10 février, p. 7), en insistant sur trois questions clé pour le développement social: la lutte contre la pauvreté, la cohésion et l'emploi. "L'emploi est la solution parce qu'il permet de sortir de la pauvreté et est un pas vers la cohésion sociale (...). Que signifie fixer des objectifs de réduction de la pauvreté sans mettre comme priorité absolue un emploi décent ? (…). Le travail n'est pas une marchandise, il est une source de dignité, de stabilité de la famille, de paix dans les communautés". M. Somavia évoque aussi « un problème de société où l'âge est considéré comme un fardeau », alors qu'il faut "rendre les gens utiles, faire en sorte qu'ils puissent faire profiter les autres de leur expérience". "Je n'aime pas le mot retraité; je préfère parler de personnes qui ont le droit de ne plus travailler à cause de l'âge!", s'est exclamé M. Somavia.

Vladimir Spidla: appui total à la coopération avec l'OIT

Au cours d'une brève rencontre avec la presse, le Commissaire aux Affaires sociales, à l'Emploi et à l'Egalité des chances Vladimir Spidla a apporté son "plein soutien à la coopération de la Commission avec l'OIT". Dans notre agenda social, nous parlons d'emplois de qualité, "un terme qui se rapproche très fort de la notion de travail décent" défendue par Juan Somavia. Le Commissaire a rappelé que pour lui, le modèle social européen est fondé sur une société inclusive, et a insisté sur davantage d'efforts pour éradiquer la pauvreté. Une société inclusive, a-t-il dit, doit intégrer aussi les sans-abri.

Le Président du Conseil européen Jean-Claude Juncker, qui avait prononcé l'allocution d'ouverture de la conférence, a participé à Budapest à une table ronde sur le thème « Le dialogue social survivra-t-il à la mondialisation ? » (voir EUROPE d'hier, p. 14). Parmi les autres participants figuraient les Premiers ministres de Hongrie Ferenc Gyurcsany, de Malte Lawrence Gonzi et du Kazakhstan Danial Akhmetov, ainsi que le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats John Monks et le Président de l'Organisation internationale des Employeurs François Périgot.

Le ministre luxembourgeois du Travail et de l'Emploi, François Biltgen, représentait la Présidence du Conseil de l'UE à Budapest pendant la discussion sur le rapport de Juan Somavia.

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