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Bulletin Quotidien Europe N° 8890
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/climat

L'UE célèbre l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto comme une première victoire dans la lutte globale contre le réchauffement planétaire - Appel renouvelé aux Etats-Unis pour qu'ils rejoignent les 140 pays déjà à bord pour préparer l'après-2012

Bruxelles, 16/02/2005 (Agence Europe) - L'entrée en vigueur, ce 16 février, du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques conclu en 1997, a été célébrée par l'Union européenne dans l'euphorie, mais avec modestie. Car cet accord international, imposant pour la première fois aux pays industrialisés qui l'ont ratifié, l'obligation de réduire collectivement de 5,2 % leurs émissions globales de six gaz à effet de serre entre 2008 et 2012, n'est qu'une première étape, et les Etats-Unis manquent toujours à l'appel. Tous en sont conscients, et l'ont souligné à l'occasion des festivités organisées par la Commission européenne en l'honneur de l'événement. Le Commissaire à l'Environnement Stavros Dimas a été l'hôte de la réception à laquelle étaient conviés les ambassadeurs des 140 pays concernés, le Président du Conseil de l'UE, le Président du Parlement européen Josep Borrell et des députés européens, des représentants de l'Agence européenne de l'environnement, de l'industrie et des ONG environnementales, tous « Unis pour lutter contre le changement climatique ». Une bannière plantée devant le siège de la Commission arborait ce slogan.

« C'est un jour historique. Nous disposons enfin d'un instrument qui nous permet d'agir contre une menace très grave pesant sur la planète, une menace dont les effets se font déjà sentir et dont la communauté scientifique reconnaît qu'elle est en grande partie causée par les gaz à effet de serre. C'est le couronnement de dix années d'efforts de la communauté internationale, d'un combat dans lequel l'Union européenne a joué un rôle prépondérant », s'est félicité devant la presse le Commissaire Dimas, accompagné de Lucien Lux, Président du Conseil et de Karl-Heinz Florenz, chrétien-démocrate allemand, qui préside la commission de l'environnement du Parlement européen.

Les engagements actuels au titre du Protocole de Kyoto sont certes modestes (-8% pour l'UE à l'horizon 2012), mais permettent aux pays industrialisés de démarrer la lutte contre les changements climatiques en les dotant de « mécanismes novateurs pour réaliser des émissions de gaz à effet de serre au moindre coût », a constaté le Commissaire. Rappelant que le Protocole engage les parties à lancer dès cette année des discussions sur la conduite à suivre après 2012, il a assuré que l'UE continuera à ouvrir la voie. Les orientations dessinées par la Commission pour la deuxième période d'engagements du Protocole de Kyoto dans sa communication intitulée « Vaincre les changements climatiques » en témoignent (EUROPE du 10 février, p.8). « J'exprime le désir ardent que la communauté internationale s'engage vers de nouvelles actions pour endiguer un phénomène aux conséquences désastreuses pour nos enfants et nos petits-enfants », a-t-il déclaré. Convaincu que ce combat n'est « pas une option, mais une nécessité », le Commissaire s'est dit confiant dans la capacité de l'UE à respecter son objectif, puisque l'UE à 15 a déjà réduit ses émissions de 2,9% par rapport à 1990, et l'UE à 25 peut se targuer d'une réduction de 9%. Le système communautaire d'échange de quotas d'émissions qui a démarré en janvier devrait, selon lui, permettre d'accroître notablement les performances.

Pour Lucien Lux, l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, « premier cadre juridique contraignant » est à saluer car il adresse un message clair: la communauté internationale prend au sérieux le changement climatique. « J'invite tous les pays développés qui ne l'ont pas ratifié à le faire. Ce message s'adresse tout particulièrement aux Etats-Unis. La visite du Président Bush à Bruxelles, le 22 février est une bonne occasion d'articuler ce message ». Tempérant l'euphorie générale, le Président du Conseil a invité à « garder à l'esprit que, dans un avenir très proche, il faudra des réductions plus drastiques ». D'où l'ambition de l'Union d'élargir la lutte contre le changement climatique à la participation d'un plus grand nombre de pays. La Présidence du Conseil travaille sur la base du mandat que lui a confié le Conseil Environnement de proposer le 10 mars prochain des stratégies de réduction d'émissions à moyen et long terme, assorties d'objectifs (une réduction des émissions de l'ordre de 15% au moins, et peut-être même de 50% d'ici à 2050) comme contribution aux Conseil européen de printemps. Selon M. Lux, la communication de la Commission qui se fonde sur une réduction de 15% au moins « contient une fourchette permettant une discussion au Conseil Environnement et aux Etats membres».

Karl-Heinz Florenz s'est réjoui de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto comme d'un sérieux démenti à toutes les rumeurs qui annonçaient son enterrement, avant que les Russes ne le ratifient. Essentiellement préoccupé par la poursuite des efforts à fournir, il a dit sa confiance dans le potentiel des nouvelles technologies et dans l'efficacité énergétique, et a plaidé pour que l'UE motive l'industrie. « La politique environnementale de l'UE n'est plus une politique de sanction, mais une politique d'incitation, je conseille à l'industrie européenne de considérer la lutte contre le changement climatique comme une opportunité, mais à nous seuls, nous ne pouvons pas sauver le monde », a-t-il averti.

Aux-Etats-Unis, il conviendrait, selon M. Florenz, de demander « si vous ne voulez pas de Kyoto, que voulez-vous d'autre ? ». Car, dit-il, les engagements de Kyoto impliquent une responsabilité globale, et non la responsabilité uniquement de ceux qui l'ont signé. « Les Etats-Unis ne pourront pas indéfiniment échapper à leurs responsabilités », a-t-il martelé. Un bon moyen, selon lui, de les rallier, serait de commencer à travailler avec les grands Etats américains disposés à collaborer. Et les pays émergents à forte croissance comme l'Inde et la Chine auront aussi à rejoindre ceux qui se mobilisent déjà pour réduire leurs émissions, a fait observer le député.

A la presse qui demandait ce que comptait faire l'UE pour convaincre George Bush le 22 février prochain, le Commissaire Dimas a répondu « personne n'envisage la signature du Protocole par les Etats-Unis, qui ne veulent même pas en entendre parler. Nous souhaiterions les reprendre à bord avec les pays en développement à croissance rapide afin de coopérer pour la période post-2012 ». Lucien Lux, pour sa part, a estimé que « le changement climatique observé récemment dans les relations transatlantiques offre un opportunité de pousser les Etats-Unis à agir pour les changements climatiques qui nous occupent ».

M. Asakai, ambassadeur du Japon, pays hôte du Protocole de Kyoto, s'est félicité, dans une brève déclaration à la presse, du « début d'un combat pour s'attaquer à un problème global » et a exprimé l'espoir que « le plus grand nombre de pays participent à la réflexion sur les prochaines étapes ».

Dans une vidéo transmise pour les festivités organisées à Kyoto par le gouvernement japonais, le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso déclare: « Il est impératif que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir afin de préserver notre planète pour les générations futures, et pour la rendre plus sûre pour les générations présentes. Le Protocole de Kyoto est une première étape, mais une étape cruciale pour le faire. Son entrée en vigueur aujourd'hui envoie un message fort à l'industrie pour qu'elle développe les technologies respectueuses du climat dont nous avons besoin ».

Javier Solana, le Haut représentant pour la PESC, salue lui aussi, l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, comme un succès à porter au crédit du multilatéralisme. Dans un communiqué, il déclare: « le changement climatique est une menace non seulement pour notre environnement, mais aussi pour notre sécurité. La communauté internationale a reconnu cette menace et met en œuvre une stratégie globale pour la contrer. Kyoto est un exemple concret de l'efficacité du multilatéralisme en action ».

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