Bruxelles, 16/02/2005 (Agence Europe) - Au terme de la rencontre, mardi à Budapest, entre le Président du Conseil européen, Jean Claude Juncker et le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, l'UE et l'Iran ont exprimé dans deux déclarations séparées leur volonté de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. M. Juncker a estimé que l'UE était en position de « pouvoir convaincre au cours des prochaines semaines l'Iran de renoncer à la fabrication d'armes nucléaires par le canal de négociations ». « Nous essayons de convaincre les Iraniens de renoncer, non à leurs ambitions nucléaires civiles, mais à la possibilité d'avoir accès à des armes nucléaires », a-t-il précisé. Réaffirmant que l'Iran ne conduisait « aucun programme de fabrication d'armement nucléaire », M. Kharazi a souligné son souhait que les pourparlers en cours puissent « conduire à un accord fructueux ». Selon lui, la clé des négociations consiste à trouver un « mécanisme » qui puisse assurer les Européens que l'Iran ne cherche pas à mettre au point l'arme nucléaire. M. Kharazi s'est ensuite rendu, mardi après-midi, à Luxembourg où il s'est entretenu avec son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, au sujet de la session de négociations à huis clos qui s'est tenue à Genève du 8 au 11 février (voir EUROPE du 15 février, p. 7). A l'issue de cette troisième série de négociations entre experts européens et iraniens depuis l'accord de Paris du 15 novembre par lequel Téhéran a accepté de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, l'UE-3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) et l'Iran ont convenu de se retrouver mi-mars à Genève pour un nouveau round de pourparlers à huis clos. Un « comité de pilotage » auquel participeront les ministres des Affaires étrangères de l'UE-3, le négociateur en chef iranien, Hassan Rossani, et le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, se réunira fin mars pour faire le point sur les négociations. Téhéran a toutefois refusé dimanche dernier l'offre européenne de coopération technologique faite à Genève qui permettrait à l'Iran de disposer d'un réacteur à eau légère. Pour les Européens, un réacteur à eau légère présenterait un moindre risque d'applications militaires que le réacteur à eau lourde que Téhéran souhaite mettre au point.