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Bulletin Quotidien Europe N° 8886
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement/sommet de printemps

Le Président du Conseil européen Jean-Claude Juncker reçoit du BEE sa contribution sollicitée pour la révision de la stratégie de Lisbonne

Bruxelles, 10/02/2005 (Agence Europe) - Une délégation du Bureau européen de l'environnement (BEE) a présenté jeudi, à Luxembourg, ses propositions et demandes sur la stratégie de Lisbonne à Jean-Claude Juncker, Président du Conseil européen. L'objectif du BEE est de « garantir que l'agenda à court terme dont l'UE souhaite se doter soit profitable du point de vue économique, environnemental et social », affirme M. Mauro Albrizio, vice-président du BEE. Pour le BEE, relever ce défi est possible, car « les politiques environnementales se sont révélées positives pour le développement économique, en étant source d'innovation, d'une efficacité accrue et d'une meilleure protection des ressources naturelles, cruciales pour un fonctionnement harmonieux de l'économie ». Les dix propositions du BEE appellent le Sommet européen de printemps à:

1. Reconfirmer que le processus de Lisbonne fait partie intégrante de la stratégie de développement durable de l'UE et a des répercussions sur les choix politiques immédiats et à court terme. La dimension environnementale ne peut pas attendre, et les exigences qu'elle comporte contribueront à une économie dynamique, efficace et orientée vers l'avenir, avec un fort potentiel à l'exportation ;

2. Souligner que le processus de Lisbonne reconnaît les engagements de l'UE au titre du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques et ses décisions concernant le développement du transport (découplé de la croissance économique) comme des défis positifs qui encourageront des formes innovantes d'activité économique et renforceront la compétitivité de l'industrie et la société européenne ;

3. Souligner qu'une croissance économique négligeant «les défis des ressources et de l'environnement » sape son propre potentiel de croissance. Ce qui signifie que les politiques environnementales ne devraient pas être édulcorées et que l'objectif de l'UE « de stopper le déclin de la biodiversité à l'horizon 2010 » devrait être considéré comme un investissement dans l'avenir et jouer un rôle dans toutes les décisions pertinentes concernant les activités économiques, en particulier le développement des infrastructures ;

4. Ne pas appeler à une mise en œuvre sans réserve des projets de transport « quick start», mais se souvenir au contraire des conclusions du Sommet européen de Göteborg qui, en 2001, soulignaient la nécessité de faire reculer le rôle du transport routier et de limiter l'impact environnemental du transport ;

5. Suivre le conseil du groupe Kok qui recommande de promouvoir les investissements dans les écotechnologies innovantes et de stimuler la demande de produits et de services verts. Le BEE souhaite en particulier que le Sommet de printemps: - s'engage à lancer de vastes campagnes de marché publics verts dans chaque pays ; - rappelle au Conseil Ecofin qu'en mars 2003 les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE avaient demandé d'« encourager la réforme des subventions qui ont des effets négatifs considérables sur l'environnement et sont incompatibles avec le développement durable » (sur ce point, le BEE insiste sur l'adoption, dans un an, d'une stratégie visant l'élimination progressive de ces subventions en vue de leur disparition totale en 2010) ; - lance une initiative pour promouvoir la réforme des taxes environnementales dans toute l'UE ;

6. Insister pour qu'une stratégie thématique ambitieuse pour l'utilisation durable des ressources soit publiée d'ici juin prochain ;

7. Promouvoir des investissements publics dans le logement et le transport durables, conformément aux propositions du BEE, de l'ETUC et de la plate-forme sociale.

8. Eviter toute déclaration qui pourrait inciter à vider de sa substance la proposition de législation REACH sur les produits chimiques. Le BEE estime que la Commission a déjà cédé à la pression de l'industrie et modifié le règlement proposé dans un sens moins favorable à la santé et l'environnement. REACH devrait au contraire être renforcé, et la compétitivité ne pas servir d'alibi à un agenda conservateur contraire aux intérêts de l'environnement, affirme le BEE.

9. Eviter toute déclaration qui encouragerait la Commission à ne pas développer la politique environnementale de l'UE. Selon le BEE, les propositions de la Commission pour le Sommet de printemps envisagent un statu quo pour les années à venir, « alors que certains problèmes environnementaux persistent et appellent une réponse immédiate ».

10. Résister aux pressions visant à imposer une vision « à courte vue » de la compétitivité, et répondre aux attentes des citoyens de l'UE qui, lors d'un récent sondage Eurobaromètre, affirmaient à une très large majorité (63%) donner la priorité à la protection de l'environnement sur la compétitivité économique.

Jean-Claude Juncker parrainera, le 25 février, une réunion qu'organisera le BEE à Luxembourg, pour débattre de la dimension environnementale du processus de Lisbonne, avec notamment les ministres Lucien Lux (Environnement) et Nicolas Schmit (Affaires européennes), et le Commissaire à l'environnement Stavros Dimas.

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