Bruxelles, 20/01/2005 (Agence Europe) - L'affaire du licenciement de 43 professeurs de langues par la Commission européenne, avec effet immédiat, en juin dernier, suit son cours. Après la solidarité avec les professeurs témoignée la semaine dernière par les députés européens (EUROPE du 15 janvier p.13), Thierry Claeys, l'avocat des 43 professeurs de langues en cause, vient de porter plainte devant le Tribunal du Travail de Bruxelles pour licenciement abusif. « Ce licenciement collectif a eu lieu sans information ni consultation préalable. La Commission a ainsi violé les directives qu'elle impose à tous les employeurs des Etats membres », argumente l'avocat dans un communiqué. Selon la défense des professeurs licenciés, la Commission n'a pas respecté les droits fondamentaux qui figurent dans la Charte sociale européenne et le droit constitutionnel, pas plus que le droit belge.
Au cours d'une conférence de presse donnée conjointement avec maître Claeys le 18 janvier à Bruxelles, le Professeur émérite de Droit du travail belge et européen Roger Blanpain a estimé que, dans cette affaire, la Commission avait fait preuve « de cannibalisme social ». Pour ne pas avoir respecté ses propres règles, la Commission doit être condamnée, a affirmé M. Blanpain, qui demande au Parlement européen « d'examiner cette affaire et de veiller à ce que pareilles formes de cannibalisme social ne se répètent pas » .