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Bulletin Quotidien Europe N° 8832
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/cote d'ivoire

Le Parlement déplore que l'opération "Licorne" n'ait pas comporté une composante européenne

Strasbourg, 22/11/2004 (Agence Europe) - En adoptant jeudi dernier une résolution commune à cinq groupes politiques (PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE et GUE/NGL), le Parlement européen condamne les actes de violence et de xénophobie ainsi que les pillages perpétrés en Côte d'Ivoire et demande au gouvernement ivoirien de mettre un terme à ces exactions et à l'impunité dont bénéficient les auteurs et les commanditaires de celles-ci. Le Parlement invite toutes les parties au conflit à (1) mettre immédiatement fin à l'action militaire et aux autres actes d'hostilité, (2) cesser de viser et d'attaquer les civils, notamment les agents de l'aide humanitaire quelle que puisse être leur supposée ethnie, nationalité ou religion et (3) dénoncer et combattre les appels à la haine et à la violence. Il demande au gouvernement ivoirien et aux représentants des "Forces nouvelles" de mettre en œuvre l'Accord d'Accra III et de prendre toutes les mesures nécessaires au rétablissement de l'Etat de droit et au respect des droits de l'Homme.

Le Parlement "se félicite, après la prise de position des chefs d'Etat africains réunis à Abuja le 12 novembre, de la décision du Conseil de sécurité imposant un embargo immédiat sur les armes, envisageant, sauf si les parties s'engagent dans le respect des accords, le gel des avoirs financiers et une restriction des déplacements à l'étranger de toute personne qui continuerait à menacer le processus de paix et de réconciliation nationale dans le pays et exigeant des autorités ivoiriennes qu'elles mettent un terme à toute émission de radio et de télévision incitant à la haine, à l'intolérance et à la violence". Le Parlement salue aussi la médiation de Thabo Mbeki qui était mercredi à Strasbourg et qui avait à cette occasion dit qu'il avait confiance dans l'application de l'embargo en raison de la position prise par les chefs d'Etat de la région lors de leur sommet d'Abuja (sur la visite de M. Mbeki, voir EUROPE du 17 novembre, p. 6). Le Parlement se félicite de "l'implication de l'Union africaine pour régler politiquement la crise ivoirienne et assure son plein soutien à celle-ci ainsi qu'à la CEDEAO pour trouver, avec l'ONU, une solution rapide et durable à la crise actuelle". Il regrette que la composition actuelle des forces de la paix (6000 Français sur 10 000 militaires) ne soit pas assez multinationale. Le Parlement "demande aux membres de l'UE de s'impliquer activement dans le soutien de la mission de maintien de la paix assurée par l'ONU et la France et déplore que l'opération 'Licorne', assurée exclusivement par les forces françaises, n'ait pas comporté une composante européenne".

Le Parlement invite l'Union européenne et la communauté internationale à augmenter l'aide humanitaire en Côte d'Ivoire, en espérant que les conditions permettent de mener des opérations plus nombreuses "qui sont désespérément attendues". Il demande au Conseil d'envisager, dans ce contexte, des consultations entre l'UE et la Côte d'Ivoire au titre des articles 9 et 96 de l'Accord de Cotonou.

Lors du débat, la verte française Marie-Hélène Aubert s'est félicitée de l'embargo sur les armes mais elle a aussi insisté sur la nécessité d'agir sur le long terme, et estimé que l'UE doit revoir sa politique africaine. Selon le communiste tchèque Jaromir Kohlicek, l'UE devrait soutenir l'emploi de forces africaines pour stabiliser le pays. Le démocrate-chrétien allemand Bernd Posselt a expliqué que la référence à l'opération "Licorne" n'était pas tournée contre la France, mais qu'il fallait que les autres Etats membres s'engagent à ses côtés. Le Commissaire Jan Figel a rappelé les exactions qui ont conduit à l'exode de plus de 8000 Européens (en majorité Français), les incitations à la haine proférées sur les antennes de radio et de télévision du pays, les actes de sabotage des émetteurs des radios internationales et la rupture de l'approvisionnement en électricité du nord du pays. Il a apporté le soutien de la Commission européenne à la médiation de Thabo Mbeki et aux sanctions décidées par le Conseil de sécurité.

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