22/09/2004 (Agence Europe) - Dans une interview publiée par Le Monde du 21 septembre, le président désigné de la Commission européenne João Manuel Barroso, à la question de savoir si la Turquie remplit les critères d'adhésion, a admis: "Non, pas encore, elle a fait de grands progrès, nous le reconnaissons, mais, à l'heure où je vous parle, tous les critères ne sont pas remplis". Etes-vous personnellement favorable à une telle adhésion? "Oui, je l'ai déjà dit en tant que premier ministre du Portugal", répond M. Barroso à cette question, tout en répétant que tous les critères doivent être respectés. Et en précisant: "Ce dont on discute, c'est de l'ouverture des négociations. C'est la Turquie qui doit s'adapter aux règles de l'Europe et non pas l'Europe aux règles de la Turquie. Ce n'est pas de l'ingérence. Il y a un pays qui nous demande d'adhérer. Il doit en accepter les conditions". Quant au risque que l'adhésion turque réduise l'UE à une simple zone de libre-échange, M. Barroso réplique: "Notre Europe fonctionne sur le principe de la solidarité. Il est inconcevable qu'à cause d'un pays nous en changions la nature, l'essence même. Je reconnais que l'adhésion de la Turquie nous pose des défis nouveaux, à cause de sa dimension plus qu'en raison de la question religieuse. Celle-ci ne doit nullement être un problème, si les aspects d'ordre démocratique sont respectés strictement, y compris sur le code pénal. Sur ce point, aucune concession n'est possible. Si la Turquie répond positivement aux critères que l'on a établis, je ne vois pas comment on pourrait dire non".