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Bulletin Quotidien Europe N° 8735
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/mediterranee/moyen-orient

Des ONG poussent à l'intégration de la société civile dans les réformes

Bruxelles, 25/06/04 (Agence Europe) - A la veille du Sommet entre l'UE et les Etats-Unis qui se tiendra ce 26 juin à Dublin (voir notamment EUROPE d'hier, p. 5), des représentants du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH), de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'Homme (CIHRS) appellent à intégrer la société civile dans les initiatives euro-américaines de réformes politiques dans le monde arabe.

La société civile doit avoir un rôle central dans la formulation des priorités de la réforme, des moyens pour leur mise en œuvre et des critères d'évaluation de leur réalisation effective, ont expliqué mercredi à la presse, à Bruxelles, les représentants de ces trois ONG. « Nous avons le sentiment que le sort du monde arabe n'est pas entre les mains des populations arabes » a indiqué Kamel Jendoubi, le Président du REMDH. Propos confirmé par le Directeur du CIHRS, Bahey El Din Hassan: « l'une des principales raisons de l'échec du processus de Barcelone est d'avoir négligé d'associer pleinement la société civile à la formulation et à la mise en œuvre des réformes ».

Après l'adoption, par le dernier Conseil européen, du rapport de la Présidence irlandaise, de Javier Solana et de Chris Patten sur le partenariat stratégique entre l'UE et la région méditerranéenne et le Moyen-Orient (voir EUROPE du 19 juin, p.5), Kamel Jendoubi s'est dit encore moins optimiste: « Nous craignons que la situation perdure et que l'UE ne joue pas le rôle auquel on s'attend », lorsqu'on voit les positions qu'elle affiche en matière de droits de l'homme. Le règlement du conflit israélo-arabe et de la crise irakienne ne doit pas être un préalable à un processus de réformes démocratiques dans le monde arabe, a estimé pour sa part Michel Tubiana, vice-président de la FIDH, tout en notant que la lutte contre le terrorisme est « un excellent prétexte pour les régimes totalitaires pour ne pas se réformer ».

Réunies pour la première fois ensemble à Bruxelles, ces trois ONG ont tenu à expliquer que leur démarche se justifiait par leur impossibilité à dialoguer avec les pays arabes. « Les gouvernements n'écoutent pas nos demandes qui viennent de l'intérieur, mais s'intéressent à celles qui viennent de l'étranger », a répété à plusieurs reprises Bahey El Din Hassan, évoquant la situation égyptienne. D'où l'espoir de passer par l'Europe pour être entendus.

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