Bruxelles, 25/06/2004 (Agence Europe) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance vont annoncer lundi au Sommet d'Istanbul que l'opération de l'OTAN en Afghanistan comprendra globalement cinq équipes provinciales de reconstruction (EPR) dans les prochaines semaines, a-t-on appris de source militaire. L'Alliance a terriblement peiné pour réussir à recueillir auprès de ses pays membres les forces et les moyens nécessaires pour constituer ces équipes, le secrétaire général de l'OTAN allant jusqu'à exposer publiquement ses critiques, et demander que l'OTAN revoie sérieusement sa manière de planifier et gérer ses ressources.
Jeudi, en conférence de presse, Jaap de Hoop Scheffer est resté prudent, se contentant de se dire "confiant" que les Alliés engageront les forces promises en Afghanistan, mais refusant d'entrer dans les détails. On s'attend à ce que la force de l'OTAN en Afghanistan, l'ISAF, place ses nouvelles EPR au nord-est du pays, avant, dans une deuxième phase, de poursuivre éventuellement vers l'ouest puis vers le sud. L'Allemagne, qui gère pour l'instant la seule EPR, à Kunduz, devrait se charger d'une deuxième à Feyzabad. Le Royaume-Uni devrait continuer à prendre en charge Mazar i Charif ainsi qu'une nouvelle extension à Meymaneh. La 5ème EPR serait installée à Bamian à la place d'une équipe néo-zélandaise qui participait à l'opération « Enduring Freedom » des Etats-Unis. "L'OTAN n'est pas en Afghanistan pour diriger ce pays, elle y est pour soutenir le gouvernement Karzaï, pour soutenir l'armée et la police, aider à apporter la sécurité avec les EPR, en commençant par le nord", a souligné jeudi M. de Hoop Scheffer. Le président afghan Ahmid Karzaï rencontrera mardi après-midi à Istanbul les 26 chefs d'Etat et de gouvernement de l'OTAN, et leurs 20 alliés du Conseil du Partenariat euro-atlantique (EAPC).
Le Sommet d'Istanbul aura aussi pour mission "d'approfondir les partenariats", a indiqué M. de Hoop Scheffer. Au sud, le "Dialogue méditerranéen" avec Israël, l'Egypte, la Jordanie, l'Algérie, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie devrait être renforcé par un "paquet de mesures" pour la formation et la réforme de l'armée, de même que pour la lutte contre le terrorisme. Au-delà de ces sept pays, l'OTAN va élargir sa coopération avec les pays du sud en lançant "l'Initiative de Coopération d'Istanbul", destinée à établir un dialogue formel avec le Moyen-Orient au sens large, en commençant par les pays du Golfe. L'OTAN est soucieuse de ne pas paraître s'imposer dans la région. Le secrétaire général a insisté sur le fait que ce processus "n'est pas à sens unique", qu'il est fondé sur "le dialogue", que "c'est à ces pays de dire s'ils sont prêts et ont envie de participer". L'Egypte a pour l'instant fait savoir qu'elle ne l'était pas, a-t-il rappelé, "tandis que tous les autres pays méditerranéens ont émis des signaux positifs". Lundi après-midi en l'absence de Vladimir Poutine, qui a décliné l'invitation, puis mardi matin en présence de Leonid Koutchma, l'Alliance va se pencher sur son flanc est. L'OTAN devrait inviter ces deux pays à participer aux patrouilles navales antiterroristes de l'opération Endeavour en Méditerranée.
S'agissant de la réforme du fonctionnement de l'Alliance, Jaap de Hoop Scheffer "espère un résultat substantiel à Istanbul (…) un accord sur des objectifs plus élevés (…) pour rendre l'OTAN plus réactive. Le secrétaire général veut revoir la planification et la gestion de l'OTAN, pour "faire coïncider promesses et moyens engagés".
Alors que jeudi, deux attentats ont été perpétrés en Turquie, faisant quatre morts et quatorze blessés dans un bus à Istanbul, et des dégâts matériels devant l'hôtel où devrait séjourner le président américain George Bush à Ankara, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a exprimé en conférence de presse sa "pleine confiance dans l'hôte turc pour prendre toutes les mesures nécessaires" pour la sécurité du Sommet d'Istanbul.
Le secrétaire général a indiqué que l'ordre du jour du Sommet de l'OTAN ne "sera pas modifié" du fait que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE devront probablement partir en fin de journée mardi pour se rendre à Bruxelles afin de désigner le remplaçant de Romano Prodi à la tête de la Commission européenne.