Bruxelles, 25/06/2004 (Agence Europe) - L'OTAN est "sur la voie" pour répondre positivement à la demande "d'assistance technique" du gouvernement intérimaire irakien, indiquait un diplomate, vendredi, alors que les discussions se poursuivaient au sein du Conseil (NAC). Arrivée fort opportunément à la veille du Sommet de l'OTAN, alors que les Etats membres de l'Alliance étaient toujours partagés sur le rôle que les Etats et les organisations internationales doivent jouer en Irak, cette demande d'un rôle limité à l'aide à la formation de l'armée et d'autres formes d'assistance technique ne soulève a priori pas d'objection de principe, même si tous ne semblaient pas encore d'accord, vendredi midi, sur les modalités et la formulation.
C'est une décision de principe qu'espère le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. Il avait souligné dès jeudi que le Premier ministre irakien Iyad Allaoui et lui-même auraient "d'autres contacts" après Istanbul, pour préciser concrètement ce qui pourrait être fait. "L'OTAN ne doit pas claquer la porte" face à la demande irakienne, a-t-il ajouté. L'OTAN, a-t-il avertit, ne doit pas non plus aller au-delà de cette demande. "Le Premier ministre irakien n'aimerait pas que l'OTAN réponde à une question qui ne lui a pas été posée", a-t-il répondu, écartant clairement la possibilité que l'OTAN puisse décider à Istanbul l'envoi de troupes sous sa bannière, ce qu'aucun Etat ne demande plus d'ailleurs, même si les Etats-Unis l'auraient, à l'origine, souhaité.
Une des questions sensibles, dont les Alliés discutaient encore vendredi, est de savoir si la formation doit être apportée en Irak, dans la région, ou dans d'autres pays. "Les deux sont possibles", déclarait le secrétaire général jeudi. Pour un diplomate d'un pays membre, l'essentiel de la formation devrait se faire en Irak, "puisque c'est là que se trouvent la majorité des Irakiens". Mais la formation de certains officiers de haut rang pourrait se faire dans les deux centres de formation de l'OTAN à Rome et à Oberammergau, en Bavière.
Plusieurs délégations, notamment parmi les pays opposés à la guerre en Irak, ont souligné que l'OTAN n'a pas en soi l'habitude ni la capacité de former ou d'apporter une assistance technique, mais pourrait assurer une certaine coordination entre les pays membres de l'Alliance qui seraient prêts à apporter une assistance technique.