Bruxelles, 24/06/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté jeudi ses évaluations des programmes de convergence des dix nouveaux Etats membres. Le Conseil Ecofin devrait adopter des avis à ce sujet le 5 juillet. Le Commissaire Joaquin Almunia a déclaré à la presse que cet exercice représente une « preuve tangible » que ces pays se préparent à entrer dans la zone euro. « Chacun à sa propre allure et selon ses propres moyens, mais tous avec l'engagement inébranlable de respecter tous les critères de convergence, consolider leurs finances publiques et maintenir des taux de croissance importants et durables », a ajouté M.Almunia. Voici un résumé des conclusions de la Commission:
Pologne: elle prévoit une accélération progressive de la croissance (3,7% en 2003, 5,0% en 2004 et 2005, puis 5,7% en 2006 et 2007). Les chiffres présentés pour 2004 et 2005 semblent conformes aux prévisions de la Commission, contrairement à ceux, jugés plutôt optimistes, sur la croissance en 2006 et 2007. La Pologne envisage de faire passer le déficit public sous les 3% du PIB à partir de 2007 et de garder une dette publique inférieure à la limite des 60% du PIB durant toute la durée du programme.
Hongrie: les prévisions de croissance « paraissent légèrement optimistes », écrit la Commission. La Hongrie envisage une croissance de 3,3 à 3,5% en 2004 et entre 4,5 et 5% en 2008. Elle prévoit de ramener son déficit en dessous de 3% du PIB en 2008 (déficit de 4,6% en 2004 qui serait réduit jusqu'à 2,7% en 2008). La dette publique passerait de près de 60% du PIB en 2004 à près de 54% en 2008.
République tchèque: elle prévoit une légère accélération de la croissance (de 2,8 % en 2004 à 3,5% en 2007), un scénario jugé « prudent » par la Commission. Il table sur une réduction progressive du déficit des administrations publiques, de 12,9 % en 2003 (5,9 % sans compter une opération ponctuelle de comptabilisation de garanties d'Etat) à 3,3 % en 2007. Cette stratégie devrait permettre, selon la Commission, de remédier à la situation de déficit excessif au plus tard en 2008. « L'assainissement budgétaire semble crédible, mais pas très ambitieux », souligne cependant la Commission. Le ratio de la dette au PIB augmente de 4,1 points de pourcentage au cours de la période de programmation, pour atteindre 41,7 % du PIB en 2007. Or, selon la Commission, l'évolution de la dette publique du pays « pourrait être moins favorable », compte tenu notamment des recettes de privatisation moins élevées que prévu.
Slovaquie: la Commission constate que le gouvernement a mis en œuvre récemment des mesures de réforme « impressionnantes » dans le domaine des finances publiques: notamment, mise en place, à partir de 2005, d'un système de retraite par capitalisation et vaste réforme fiscale. La Commission estime que la stratégie budgétaire suivie « semble suffisamment rigoureuse pour ramener le déficit à 3% du PIB en 2007 ». Toutefois, la Commission estime que l'ajustement programmé « n'apparaît pas très ambitieux » compte tenu de la forte croissance prévue (4,1% en 2004, 5,0% en 2006 et 4,7% en 2007). Le niveau de la dette publique ne pose aucun problème (45,1% en 2005 et 45,5% en 2007).
Slovénie: aux yeux de la Commission, seule l'hypothèse de croissance pour 2004 (3,6%) « semble plutôt optimiste ». Les prévisions pour les autres années sont conformes aux prévisions de la Commission (3,7% en 2005 et jusqu'à 3,9% en 2007). La Slovénie prévoit une réduction progressive du déficit public (de 1,9% en 2004 à 0,9% en 2007), mais la Commission n'exclut pas des résultats budgétaires moins satisfaisants, en particulier en 2004. Selon elle, les orientations budgétaires du programme « ne sont donc pas compatibles avec l'objectif du Pacte de stabilité et de croissance qui prévoit de parvenir à une position budgétaire proche de l'équilibre à moyen terme ». La dette publique devrait rester faible durant la période prévue par le programme (de 29,5% du PIB en 2005 à 29,4% en 2007).
Lituanie: les prévisions de croissance fournies par le gouvernement sont jugées plutôt optimistes par la Commission (entre 6,3 et 7,3%). La Commission regrette le manque d'ambition de la stratégie budgétaire qui consiste à « se rapprocher d'un solde budgétaire en équilibre sur le cycle économique ». La Commission se demande si les choix budgétaires permettront d'éviter que le déficit dépasse la valeur de référence de 3% du PIB, au moins en 2004. La dette publique devrait diminuer pour se stabiliser à près de 21% en 2007.
Lettonie: le programme prévoit une croissance annuelle de 6,6% en moyenne pour l'ensemble de la période, un scénario considéré comme plausible par la Commission. Le déficit public devrait avoisiner les 2% du PIB en fin de période. D'une manière générale, l'absence de mesures pour se rapprocher de l'équilibre budgétaire « paraît traduire un manque d'ambition », juge toutefois la Commission. La dette publique devrait passer de 15,3% du PIB en 2003 à 17,7% en 2007.
Estonie: les estimations de croissance sont jugées réalistes par la Commission (5,7 % en moyenne sur l'ensemble de la période couverte). Les comptes des administrations publiques devraient rester excédentaires, de 0,7 % du PIB en 2004, avant de retomber à l'équilibre à compter de 2005. Ces projections sont jugées réalistes. La Commission estime que la stratégie budgétaire est conforme à l'objectif du Pacte de stabilité (position budgétaire proche de l'équilibre à moyen terme). Le pays affiche de très bonnes performances en matière de dette publique (5,4% du PIB en 2004 et jusqu'à 3,2% en 2008).
Chypre: dans son programme, le pays prévoit une accélération de la croissance (3,5% en 2004, 4,3% en 2005, 4,5% en 2006) qui est conforme aux prévisions de la Commission. Chypre compte ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2005. Toutefois, étant donné l'ajustement prévu et le bilan mitigé en matière d'assainissement budgétaire, cet objectif sera difficile à atteindre, souligne la Commission. Le programme envisage d'inverser la tendance à l'accroissement du ratio de la dette au PIB et de le réduire de près de 7 points de pourcentage entre 2004 et 2007 pour le ramener au-dessous de 69% d'ici 2007.
Malte: dans son programme, qui couvre la période 2004-2007, le gouvernement prévoit une accélération de la croissance de 1,1 % en 2004 à 2,1 % en 2006 et 2007. La Commission, de son côté, se montre plus optimiste (1,4% en 2004 et 2,0% en 2005). Malte prévoit de ramener le déficit des administrations publiques de 5,2 % du PIB en 2004 à 1,4 % en 2007 (le déficit serait ramené sous la barre des 3% du PIB en 2006). Malte compte arriver à ces résultats en améliorant le contrôle des dépenses et, en matière de recettes, en prenant des mesures pour éviter l'évasion fiscale. La dette publique devrait augmenter légèrement en 2004 et 2005, puis diminuer progressivement de 72,4 % du PIB en 2005 à 70,4 % du PIB en 2007 (donc encore bien en dessus de la valeur de référence de 60 % du PIB).