Strasbourg, 06/05/2004 (Agence Europe) - Au cours du débat général, mercredi lors de la dernière séance de la législature (à laquelle assistaient, sur les bancs du public, le Président du Mozambique Chissano et la princesse Victoria de Suède), plusieurs nouveaux députés ont eu l'occasion de poser des questions précises à Romano Prodi et à certains Commissaires ou d'exprimer leurs souhaits ou leurs craintes. Vous êtes tous des libéraux, vous voyez la pauvreté qui existe encore, « la démoralisation partout en Europe », s'est écrié Andrzej Zbigniew Lepper (non inscrit polonais), en insistant: pas de communisme, pas de capitalisme, nous devons trouver un nouveau modèle social. Plusieurs députés - comme le Polonais Piotr Gadzinowski- se sont plaints des restrictions imposées à la libre circulation des travailleurs des nouveaux Etats membres, et le Président Prodi leur a répliqué: la Commission est « absolument opposée » à ces mesures, qui sont « erronées et inutiles », et elle espère qu'elles seront abolies aussi rapidement que possible. Nelly Maes (Verts/ALE, belge) a déploré: ces jours-ci, j'ai vu beaucoup d'hommes et très peu de femmes parmi les nouveaux parlementaires. Le vice-président de la Commission, Neil Kinnock, lui a répondu en rappelant la politique d'égalité menée par la Commission européenne, avec un engagement personnel du président Prodi. J'ai rencontré dernièrement la Commission de l'Union Africaine, et leur délégation comptait autant de femmes que d'hommes, a raconté Romano Prodi, en avouant: je dois dire que « j'ai eu un peu honte ».
La travailliste britannique Glenys Kinnock s'est inquiétée du sort de la politique de développement de l'UE après l'élargissement, et elle a obtenu trois réponses. De Romano Prodi : l'Afrique « repose sur nos épaules », ailleurs d'autres jouent un rôle, mais l'Afrique est une de nos responsabilités. De Pascal Lamy, Commissaire au commerce: j'étais hier à Dakar, « avec les pays moins avancés », qui ont exprimé leurs craintes face à l'élargissement, et je leur ai rappelé que l'adhésion de dix nouveaux Etats membres signifie « des marchés qui s'ouvrent à eux », avec environ 70 millions de nouveaux consommateurs. Et de Michaele Schreyer, Commissaire au budget: dans l'avant-projet de budget pour 2005, « nous dépassons pour la première fois la frontière magique du milliard d'euros ». Le Maltais Jason Azzopardi (PPE-DE) a plaidé pour un plus grand rôle de l'Europe au Proche-Orient et pour une « véritable politique méditerranéenne » de l'UE, et Romano Prodi lui a assuré que c'était bien une priorité de sa Commission, en rappelant: nous avons avec les pays de la région un dialogue économique (et j'espère qu'on va créer « la banque », a-t-il remarqué) et aussi un dialogue culturel (et on va créer la fondation culturelle, a-t-il ajouté). Le conservateur britannique Charles Tannock et le socialiste polonais Piotr Gadzinowski ont demandé à l'UE de s'ouvrir à l'Ukraine, et Romano Prodi leur a assuré que la politique de voisinage vise aussi ce pays qui, a-t-il assuré, « ne restera pas isolé et dans le froid ».Cette politique, dont la réalisation « exigera des décennies », créera dans la région une « soft security » dont nous avons tous besoin. L'ancien président lituanien Vytautas Landsbergis (PPE-DE) s'est interrogé sur l'avenir de Kaliningrad, et là aussi, M.Prodi s'est voulu rassurant: nous en avons discuté avec la Russie, et nous voulons passé d'un « simple bon voisinage à une politique de coopération forte ». Une politique qui comprendra aussi un volet culturel, a précisé M. Prodi au député qui lui demandait si on pouvait envisager des commémorations de Kant et Kalinine, personnalités marquantes de la ville.