Luxembourg, 26/04/2004 (Agence Europe) - Après avoir fait le point sur les négociations commerciales devant le Conseil Affaires générales, lundi matin à Luxembourg, le Commissaire Pascal Lamy a souligné, lors d'une conférence de presse, que les négociations dans le cadre de l'Agenda de Doha, celles avec le Mercosur ou encore avec la Russie avaient connu une intense activité durant les dernières semaines. Faisant un parallèle avec l'activité volcanique (qui connaît trois phases), M. Lamy a estimé que sur ces trois dossiers commerciaux, on se trouve dans la phase où "ça fume" qui précède généralement l'éruption.
En ce qui concerne les négociations multilatérales à l'OMC, Pascal Lamy a surtout insisté sur l'existence d'un accord pour utiliser la fenêtre d'opportunité qui se termine avec l'été et les élections présidentielles aux Etats-Unis. Il a rappelé que l'UE est prête à bouger en matière agricole si les Etats-Unis en font autant sur le soutien interne et les pays asiatiques sur l'accès au marché. Les progrès dans la négociation agricole restent liés à des progrès dans les autres domaines de la négociation.
Les négociations bilatérales de la semaine dernière avec la Russie ont permis de réaliser des progrès même s'il subsiste des problèmes en ce qui concerne les tarifs industriels (il a cité les voitures, les aéronefs et les spiritueux), l'énergie (mais il a reconnu que le président Poutine avait donné des "signaux positifs") et le survol de la Sibérie par les compagnies européennes. La Russie souhaite boucler les négociations lors du Sommet de la fin mai, a rappelé M. Lamy qui s'est cependant refusé à tout engagement "à ce stade". "Le prochain round bilatéral aura lieu autour du 10 mai. Ce n'est qu'après que je me prononcerai", a-t-il dit.
S'agissant des négociations avec le Mercosur, Pascal Lamy, qui a rappelé qu'il s'agissait du plus grand accord de libre-échange jamais négocié à ce jour, a expliqué que les deux parties continuent d'ajuster leurs offres dans la perspective d'un "accord politique" lors de la réunion de Guadalajara le 28 mai prochain, qui permettrait de conclure un accord en octobre. Pour respecter cet agenda qui n'a rien d'impératif, le Commissaire estime indispensable que le Mercosur présente une "offre de qualité suffisante sur l'accès au marché". Cette offre doit être "équivalente" à celle de l'UE même si le Mercosur pourra bénéficier d'une dose d'asymétrie, notamment en termes de calendrier (voir EUROPE du 24 avril, p.9).