Bruxelles, 21/04/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne espère faire avancer les négociations bilatérales sur l'adhésion de la Russie à l'OMC lors de la visite à Moscou, jeudi et vendredi, d'une délégation de sept Commissaires menés par le président Prodi. L'essentiel des entretiens sera consacré à l'extension de l'accord de partenariat UE/Russie aux dix nouveaux Etats membres (EUROPE du 17 avril, p. 9). Jeudi dans la matinée, le Commissaire Pascal Lamy et le ministre russe du Développement Guérman Gref devraient toutefois faire le bilan des négociations en cours sur l'OMC. Les discussions portent sur trois questions centrales, a rappelé mercredi à Bruxelles un négociateur européen: les tarifs, les services financiers et l'énergie. "Un grand nombre de questions" restent encore à résoudre à propos des tarifs, notamment sur les deux sujets les plus sensibles (automobiles et avions), mais "nous espérons faire des progrès", a indiqué le diplomate européen. En matière de services, l'UE entend progresser sur les droits d'établissement des sociétés européennes dans le domaine de la banque et de l'assurance, notamment pour les services d'assurance vie, mais aussi dans le secteur maritime. L'énergie reste l'un des points les plus épineux. Selon Moscou, la question relève essentiellement des relations bilatérales et non de l'OMC ; pour la Commission, l'accès au gaz et son prix pour les utilisateurs industriels font partie des négociations d'adhésion. "Les prix offerts aux consommateurs européens sont quatre à cinq fois supérieurs à ceux proposés sur le marché interne", note-t-on à la Commission, ce qui crée des discriminations et des distorsions de concurrence à l'égard des utilisateurs industriels, comme les producteurs de pesticides ou d'acier. Il ne s'agit pas non plus de "nous attaquer aux avantages naturels de la Russie" ou "à la réforme de sa politique énergétique", assure la porte-parole de M. Lamy. "Ce n'est pas la première fois que la question de l'accès aux sources d'énergie est posée lors de l'adhésion à l'OMC", relève une source communautaire en citant le cas de l'Arabie Saoudite. "Il faut un accord global pour accéder à l'OMC et les Russes ont accepté le principe que la question de l'énergie doit être abordée", insiste-t-on à la Commission. Les négociateurs européens espèrent conclure un accord avec Moscou "le plus tôt possible". Le vice-premier ministre russe, Alexandre Joukov, a répété cette semaine que "nous avons la possibilité d'achever les négociations en 2004, mais le facteur temps n'est pas le facteur principal pour nous".