Londres, 20/04/2004 (Agence Europe) - Les Britanniques se prononceront par référendum sur le texte de la Constitution européenne, mais au plus tôt (comme nous l'avions indiqué: voir EUROPE d'hier, page 9) dans un an, et vraisemblablement après les élections générales prévues pour mai 2005. C'est Tony Blair lui-même qui l'a annoncé mardi aux Communes, en ajoutant "posons la question; entrons dans la bataille". Le Premier ministre britannique a précisé que les électeurs devraient s'exprimer "lorsque toutes les questions auront reçu une réponse, lorsque tous les détails seront connus, lorsque ce texte aura été « tempéré » et examiné dans le détail (...) et lorsque le Parlement en aura débattu et décidé". Sur le fond, M.Blair répète qu'il signerait la Constitution si elle respecte les "fils rouges" de son gouvernement, qui entend maintenir le contrôle de la fiscalité, de la défense et de la politique étrangère. La campagne pour le référendum devrait permettre de dissiper les "mythes" véhiculés par l'opposition conservatrice et par les médias eurosceptiques, a-t-il dit, en ajoutant que le Royaume-Uni doit décider s'il veut être un « moteur » en Europe ou s'il veut rester à la marge.
Alors que le libéral démocrate britannique Graham Watson, président du groupe libéral au Parlement européen, salue la décision de Tony Blair de tenir un référendum sur la Constitution européenne, l'élu européen de la CSU Ingo Friedrich s'en émeut. Dans un communiqué, il dit: "le chef de gouvernement d'un grand Etat membre ne peut pas compromettre un projet aussi crucial que la Constitution de l'UE simplement pour un calcul de politique intérieure" (la pression des Tories, alors que, selon les sondages, seulement une minorité de Britanniques serait prête aujourd'hui à approuver la Constitution européenne: NDLR).