Bruxelles, 20/04/2004 (Agence Europe) - Des hauts fonctionnaires et experts de tous les pays engagés dans le processus Euromed tiennent le 21 avril à Bruxelles une réunion ad hoc pour traiter des différentes politiques d'endiguement du terrorisme et de ses sources de financement. Les premiers échanges de vues à ce sujet remontent à la fin des années '90, mais elles ont longtemps buté sur la définition de ce phénomène. Pour les uns - le côté arabe- il faut distinguer terrorisme et droit à la résistance contre un occupant ; pour les autres - certains pays de l'UE - il ne faut pas y inclure certaines oppositions politiques. Plusieurs pays arabes manifestent en outre leur irritation en voyant Paris, Bruxelles, Londres et d'autres villes européennes devenir des centres d'activité pour les leaders de courants politiques tenant d'un Islam militant, parfois violent. Les attentats de New York ont donné un coup de fouet à ce dialogue entre l'UE et ses voisins de la Méditerranée (y compris Israël, l'Autorité palestinienne, la Syrie et le Liban), mais les différences de perception demeurent et sont graduellement nourries par l'aggravation de la situation au Moyen-Orient.
« Le plus important au cours de ces discussions serait de traiter des causes du terrorisme plutôt que de ses manifestations », estime le Dr.Towfig Salloum, Ambassadeur de Syrie auprès de l'UE, qui souligne: « Nous sommes tous d'accord pour combattre le terrorisme, qui est un phénomène dangereux. Nous avons condamné sans réserves les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et du 11 mars à Madrid, comme nous n'acceptons pas que l'on porte atteinte aux personnes », mais « la question est de savoir s'il faut condamner le terrorisme seulement lorsqu'il touche un civil européen et non pas lorsqu'il louche un Palestinien (…). Il faut « s'attaquer au terrorisme sous toutes ses formes, en particulier le terrorisme d'Etat ».