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Bulletin Quotidien Europe N° 8678
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/kosovo

Le Parlement condamne les violences au Kosovo et insiste sur une définition du statut pour le Kosovo

Strasbourg, 31/03/2004 (Agence Europe) - Le Parlement européen a condamné mardi les violences interethniques des dernières semaines au Kosovo et, comme le Conseil, il a appelé les dirigeants de la province, en particulier les Albanais, à assumer leurs responsabilités pour y mettre fin et juger les responsables. Le Parlement a également mis la communauté internationale et l'Union européenne face à ses responsabilités. Contrairement à la Présidence irlandaise et à la Commission européenne qui se sont accrochées à leur position traditionnelle en réaffirmant leur soutien à la politique des « normes avant le statut », le Parlement a souligné la nécessité de briser le statu quo et de définir enfin le statut du Kosovo. Une résolution sera votée jeudi.

Le Président en exercice du Conseil, Dick Roche, a répété l'attachement du Conseil à la politique de l'ONU des « normes avant le statut » (la province doit se conformer à certaines normes - politiques, économiques - avant que son statut ne soit déterminé). L'UE « souhaite qu'on renforce cette politique », a même ajouté M. Roche. Le Commissaire aux relations extérieures, Chris Patten, a lui aussi dénoncé une violence qui « s'est rapidement organisée ». Au cours de ma visite au Kosovo la semaine dernière avec Javier Solana, « nous avons été extrêmement déçus » du « peu de compréhension mutuelle » entre les communautés, a reconnu M. Patten. En même temps, il s'est félicité que le Premier ministre kosovar, Bajram Rexhepi, ait reconnu la responsabilité des dirigeants albanais. Avec M. Solana, M. Patten se rendra « aussitôt que possible » au Kosovo pour vérifier l'état de la reconstruction. M. Patten a réaffirmé lui aussi son soutien à la politique des « normes avant le statut » « qu'on ne peut pas abandonner ».

Au nom du PPE/DE, l'Allemande Doris Pack a condamné les violences « planifiées » perpétrées par les Albanais. « Ces criminels ne veulent pas rentrer dans l'UE », s'est-elle exclamée. L'élue de la CDU a également critiqué l'attitude de la communauté internationale qui, selon elle, « n'a pas fait assez pour protéger les Serbes qui sont rentrés chez eux » après la guerre. Pour le PPE/DE, il est temps de changer de politique à l'égard du Kosovo. « Nous ne pouvons pas mettre l'accent sur la politique des normes avant le statut. Il faut les deux: des normes et un statut », a insisté Mme Pack. Pour le PSE, « la mentalité des dirigeants politiques n'a pas changé ». C'est ce qu'a déploré l'Autrichien Johannes Swoboda en désignant à la fois les Serbes et les Albanais. Un « Etat multiethnique n'est pas leur projet », a-t-il souligné, en souhaitant que l'UE réfléchisse à la possibilité de retirer son aide financière à ceux qui ne veulent pas d'un Kosovo multiethnique. Au nom de la GUE/NGL, l'Allemand Hans Modrow a appelé l'UE à avoir « suffisamment de courage pour trouver une solution à long terme pour le Kosovo ». Un appel relayé par le Néerlandais Joost Langendijk au nom des Verts/ALE. « M. Roche, la politique que vous prônez ne résoudra rien. La politique du statu quo ne résoudra rien », a-t-il lancé à la Présidence, en se prononçant pour « un Kosovo indépendant, mais à certaines conditions ». Enfin, pour l'UEN, « les Nations unies devraient envisager un nouveau statut pour le Kosovo » tandis que l'UE « doit intensifier sa présence » dans la province, a déclaré l'Italienne Cristiana Muscardini.

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