Bruxelles, 21/11/2003 (Agence Europe) - Les professionnels représentés à Europêche (association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE) et à la section « pêche » du Cogeca (Comité général de la coopération agricole de l'UE) se montrent particulièrement inquiets des propositions que la Commission européenne doit adopter début décembre sur les totaux admissibles de captures (Tac) et quotas pour 2004. Dans un communiqué, ces organisations demandent « instamment » une reconduction, en 2004, des Tac et quotas fixés cette année, en particulier pour le cabillaud, la sole et la plie, en rappelant que les pêcheurs ont déjà été fortement touchés par les réductions drastiques de TAC, le renforcement des mesures techniques et les mesures d'urgence pour le cabillaud de la mer du Nord et le merlan de l'ouest.
Europêche et le Cogeca se disent « surpris » par le récent avis du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) qui recommande un taux de capture de zéro pour les stocks de cabillaud de la mer du Nord, du Skagerrak, de la Manche orientale, de la mer d'Irlande et de l'ouest de l'Ecosse et le merlan en mer d'Irlande. Si la Commission devait suivre à la lettre un tel avis scientifique, « cela conduirait à la faillite d'une grande partie du secteur et au chaos dans les ports », avertissent les organisations professionnelles, qui se disent préoccupées par ce que demande le CIEM pour le merlu dans les zones comprises entre l'Irlande et le Portugal (mise en œuvre de plans de reconstitution et un taux de capture nul pour le stock méridional). Puisque les dernières évaluations scientifiques font état d'une amélioration de la situation du stock de merlu, les professionnels de la pêche estiment qu'un plan de reconstitution pour cette espèce n'est pas nécessaire, d'autant plus qu'il existe des mesures d'urgence et un règlement sur l'effort de pêche. Les professionnels rappellent que des plans de reconstitution sont préconisés pour la plie en mer du Nord, le cabillaud et la plie en mer d'Irlande ainsi que pour la sole en Manche occidentale et dans le golfe de Gascogne. « Nul doute que ceci ouvrira la perspective d'un chevauchement confus de plans de reconstitution, en fonction d'évaluations de stocks qui comportent un haut degré d'incertitude », constatent les organisations.
Europêche et le Cogeca saluent les avis positifs du CIEM pour certains stocks (églefins de la mer du Nord, maquereaux et colins) et soulignent la bonne santé des stocks de sole en Manche est et en mer du Nord, du lieu noir partout, du merlan dans la Manche ouest, de la langoustine dans la Manche est, la mer d'Irlande et l'Ouest Irlande, de la baudroie blanche et noire de la mer Celtique et du Golfe de Gascogne. Europêche et le Cogeca notent par ailleurs que pour la première fois, le CIEM propose des mesures de gestion des stocks fondées sur une approche multi-spécifique. Cette approche « pénalisera encore davantage le secteur que par le passé, dans la mesure où elle sous-entendra qu'un TAC préconisé pour une espèce donnée dans une pêcherie définie (pêche directe) s'appliquera également pour la même espèce en pêche associée », expliquent les professionnels.
Appel des associations italiennes de pêche
Un communiqué de Federcoopesca, Lega Pesca, A.G.C.I Pesca, U.N.C.I Pesca et Federpesca demande de "geler le processus décisionnel sur la proposition de règlement sur la pêche en Méditerranée tant qu'on n'aura pas effectué les nécessaires vérifications technico-scientifiques (...) et qu'on n'aura pas ouvert une nouvelle phase de réelle discussion avec les pêcheurs, plus respectueuse des procédures de consultation de cette catégorie". Le communiqué souligne en particulier "la pleine convergence de vues" entre organisations italiennes et espagnoles, et annonce que les positions du secteur seront présentées le 24 novembre à Venise, à la veille de la Conférence sur le développement durable de la pêche en Méditerranée (voir EUROPE du 15 novembre, p.9).