Bruxelles, 28/10/2003 (Agence Europe) - Erkki Liikanen, Commissaire chargé des entreprises, a présenté mardi à la presse des pistes pour relancer la compétitivité de l'industrie navale européenne au niveau mondial. Après dix mois de travail, le groupe consultatif de haut niveau créé en janvier 2003 a publié son rapport dans lequel figurent trente recommandations, qui insistent notamment sur la nécessité d'augmenter les investissements en matière de recherche et de développement. La Commission européenne formalisera ces recommandations dans une communication qui devrait être présentée au Conseil Compétitivité du 27 novembre.
Chiffres à l'appui, Sjef van Dooremalen, Président de IHC Caland et membre du groupe de haut niveau, a expliqué que la production navale européenne de ces dernières années était "très mauvaise". En cause: le marché des navires de croisière où l'UE "excelle" mais qui ressent encore les effets du 11 septembre et de la récession économique, et surtout les "pratiques déloyales de nos concurrents asiatiques" qui proposent des prix très bas, a expliqué M. van Dooremalen. C'est pourquoi il a plaidé pour "une mise en oeuvre rapide" des recommandations du rapport. Celles-ci, très générales, ne donnent cependant aucune indication sur le niveau des investissements nécessaires pour relancer le secteur ni sur les actions concrètes à prendre au niveau international. Interrogé à ce sujet, M. Liikanen s'est borné à indiquer que ces dépenses devraient être "très importantes", notamment pour la recherche et le développement. Il a par ailleurs tenu à préciser que "nous ne proposons pas de retoucher les règles en matière d'aides d'Etat". Au niveau international, "on continue à travailler dans le cadre de l'OCDE pour trouver des pratiques acceptables par tout le monde", a-t-il ajouté en se disant "convaincu qu'avec plus d'innovation, on a toutes les chances d'être concurrentiels à long terme".
Le rapport recommande: - d'établir des "règles de jeu égales dans la construction navale mondiale", notamment par "le développement de disciplines contraignantes au niveau de l'OCDE par un nouvel accord sur la construction navale pour 2005" ; - d'améliorer l'investissement dans la recherche, le développement et l'innovation (RDI): le groupe estime que la construction navale doit bénéficier "des mêmes conditions que d'autres industries engagées dans les activités de RDI similaires", que "les niveaux des aides publiques doivent refléter les risques technologiques réels pris dans toutes les phases de la conception, du développement et de la production" et que "le soutien de l'investissement dans la RDI doit viser à renforcer le leadership technologique européen et devrait rémunérer la prise de risque" ; - de mettre en place des régimes de financement et de garantie avancés notamment en explorant les possibilités d'établir un fonds de garantie au niveau de l'UE pour le financement pré- et post-livraison ; - de promouvoir des navires plus sûrs et soucieux de l'environnement ; - de mettre en place une "approche européenne des besoins de la construction navale" en définissant des exigences communes pour configurer certains projets majeurs (ce qui permettrait la coopération entre arsenaux et l'interopérabilité des systèmes, navires et flottes), en réfléchissant à l'harmonisation des règles en matière d'exportation et en élaborant des règles communes pour créer un marché européen pour le matériel de défense (sur la base de la demande du Conseil de créer un organisme intergouvernemental dans le domaine du développement des capacités de défense, de recherche, d'acquisition et d'armements) ; - de renforcer la protection des droits de propriété intellectuelle européens ; - d'assurer l'accès à une main-d'œuvre qualifiée ; - de construire une structure industrielle stable notamment en fournissant des incitations pour éliminer les capacités de production moins efficaces et dégager des ressources pour de nouveaux investissements.