Bruxelles, 28/10/2003 (Agence Europe) - Dans un article publié le 28 octobre par le Financial Times, le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja assure que la Finlande veut un renforcement de la PESC - qui exige à son tour un renforcement de la PESD - mais il réaffirme son opposition à deux articles proposés par la Convention européenne et qui tendent "plutôt à diviser": sur les coopérations structurées et sur une clause de défense mutuelle. Selon ces propositions, un petit groupe devrait agir comme "avant-garde, sans essayer d'impliquer l'Union dans l'ensemble, ou même sans vouloir le faire", déplore-t-il, en ajoutant: "Il est difficile de comprendre comment une division de l'Union servirait à renforcer la position mondiale de l'Europe. Les esprits soupçonneux pourraient bien se demander si la proposition a moins à voir avec la défense qu'avec l'ambition d'un noyau de pays de garder un rôle de gardiens de la véritable foi européenne - une foi dont on a la perception d'une menace de la part des dix pays qui nous rejoindront l'année prochaine". Aux arguments sur la flexibilité qu'apporterait l'existence de "noyaux" d'Etats membres, le ministre réplique: nous avons déjà suffisamment de flexibilité dans la PESD, nous ne construirons pas tous des porteurs d'avions et nous ne participerons pas tous à toutes les futures opérations de l'UE. "Nous ne pouvons pas permettre à un groupe de pays d'utiliser la "marque" UE sans un mandat de l'Union", martèle M.Tuomioja, qui s'inquiète aussi du rôle de l'OTAN, la seule à pouvoir donner des garanties de sécurité collective "dans l'Europe d'aujourd'hui". Et il avertit: "Si la Finlande devait renoncer à son non-alignement militaire - une initiative qui n'est aujourd'hui ni nécessaire ni populaire en Finlande -, nous enverrions notre demande à l'OTAN. Mais le fait de dire non aux garanties de sécurité proposées n'exclut pas de développer la clause de solidarité de la Constitution d'une manière acceptable pour tous".