Bruxelles, 01/09/2003 (Agence Europe) - L'opération Artémis par laquelle l'Union européenne a déployé en Ituri (République démocratique du Congo) une "force multinationale intérimaire d'urgence" a achevé sa mission le 1er septembre, indique un communiqué du Conseil de l'UE. A cette occasion, une cérémonie symbolique de transfert de responsabilités entre le commandant de la force européenne, le général Thonier, et le général Isberg, commandant par intérim la Brigade Ituri de la MONUC (Mission d'observation des Nations Unies au Congo), s'est déroulée lundi matin à Bunia au camp N'Dromo, en présence de Monsieur Swing, Haut représentant du Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan en République démocratique du Congo, et du général Diallo, commandant la MONUC.
Lancée par l'Union européenne le 12 juin dernier dans le contexte de la résolution n°1484 du Conseil de sécurité des Nations Unies, l'opération Artémis a été déclenchée pour répondre à une situation d'urgence dans la ville de Bunia, "marquée alors par de violents affrontements entre milices ainsi que par une grave situation humanitaire", rappelle le communiqué. Et il précise que dix-sept pays représentant trois continents ont participé à cette force multinationale chargée de stabiliser les conditions de sécurité et d'améliorer la situation humanitaire dans le chef-lieu de l'Ituri. Le communiqué souligne que l'Union européenne "reste engagée en République démocratique du Congo après le retrait de son contingent militaire" et qu'elle "continue à soutenir activement le processus de paix et s'implique dans les efforts de reconstruction du pays".
"Alors que s'achève aujourd'hui la mission de l'opération européenne Artémis à Bunia, je salue les personnels de la force et remercie les États - européens mais aussi non-européens - qui ont participé à cette opération, et notamment la France qui a joué le rôle de nation-cadre", a déclaré le Haut Représentant pour la PESC Javier Solana à l'occasion du transfert d'autorité à la MONUC. La situation dans le reste de la province d'Ituri et dans d'autres régions du pays demeure un sujet de préoccupation, reconnaît-il, tout en notant que "à Bunia, la sécurité et les conditions de vie pour la population, ainsi que pour les organisations humanitaires qui lui viennent en aide, se sont améliorées de façon notable, comme j'ai pu le constater sur le terrain". Avec la mission Artémis, l'UE a pu, constate M. Solana, « conformément aux objectifs qui sont les siens, contribuer de manière concrète aux efforts de paix déployés par la communauté internationale au travers des Nations unies ». « Temporaire et délimitée dans l'espace de par le mandat qui lui était fixé par le Conseil de sécurité, cette contribution tangible a pu être mise en œuvre avec souplesse et rapidité suite à l'appel lancé par le Secrétaire général Kofi Annan. Elle a permis de créer les conditions nécessaires au déploiement de la MONUC renforcée à Bunia, mais aussi de redonner une dynamique positive au processus de paix en République démocratique du Congo », souligne le Haut Représentant. Et il conclut: « Je réitère le soutien de l'Union européenne aux Nations Unies et à la MONUC dans la poursuite de leur action à Bunia et dans le reste du pays. L'Union européenne entend rester au premier plan des efforts pour la stabilité, la paix et la reconstruction en République démocratique du Congo en mettant en œuvre l'ensemble de ses moyens d'action, comme l'ont souligné les ministres des Affaires étrangères de l'Union lors du Conseil du 21 juillet dernier. » (voir EUROPE du 24 juillet, p.5).