Helsinki, 22/05/2003 (Agence Europe) - Anneli Jäätteenmäki, nouveau Premier ministre de Finlande, en exposant la semaine dernière au parlement la position de son pays sur la réforme des traités de l'UE, a affirmé que les propositions du présidium de la Convention "ne coïncident pas avec les vues du gouvernement finlandais". Selon elle, "la structure institutionnelle de base de l'UE est efficace et assure l'égalité entre Etats membres. La division du travail entre les institutions est le résultat d'une longue évolution et ne devrait pas être érodée par la création de nouvelles institutions". En particulier, la rotation actuelle de la présidence devrait être maintenue,"au moins dans toutes les structures clé essentielles pour la coordination des décisions", comme le Conseil européen, le Conseil Affaires générales et le Coreper; pour le reste, une "bonne alternative" consisterait en des "présidences en équipe, avec trois à six Etats membres", pour une durée de 18 mois à trois ans. Quant à un futur ministre des Affaires étrangères de l'Union, la Finlande y est favorable, mais estime qu'il ne devrait pas présider le Conseil des relations extérieures. Pour le Conseil européen, le premier ministre affirme: "pour exercer les responsabilités du Conseil européen, on n'a pas besoin d'élire un président permanent" (qui, en plus, "menacerait l'égalité entre Etats membres". A la Commission européenne, la collégialité et l'égalité entre Etats membres sont essentielles, et "il ne faudrait pas faire de distinction entre Commissaires qui ont de l'autorité et ceux qui donnent simplement des conseils".
Mme Jäätteenmäki, en rappelant les initiatives prises par la Finlande et la Suède en faveur d'une politique de sécurité européenne, souligne par ailleurs que son pays souhaite une politique de sécurité et de défense "fondée sur des règles communes", alors qu'elle se montre assez réservée sur des formules de coopération renforcée dans ce domaine. En particulier, en commentant la proposition formulée à la Convention sur la solidarité entre Etats membres en cas d'attaque terroriste, elle considère "justifiée la possibilité de fournir une telle assistance" à un autre pays membre de l'Union.
Sur les suggestions controversées concernant la sortie de l'Union, le Premier ministre finlandais précise: - nous ne sommes pas d'accord qu'un Etat membre qui ne veut ou ne peut pas ratifier le traité constitutionnel ou de futurs amendements soit obligé de partir; - le gouvernement finlandais, en revanche, ne s'oppose pas à la possibilité pour un Etat membre de quitter volontairement l'Union.
Le Premier ministre insiste aussi sur la nécessité d'un "débat public adéquat sur les propositions de la Convention", en remarquant: "le gouvernement se rend compte que le travail de la Convention s'avère être plus significatif pour l'avenir de l'Europe que prévu au départ. Pour cette raison, il est nécessaire que le parlement ait un débat approfondi sur la stratégie globale de notre pays à la Convention. Et elle met en garde: " ce ne serait pas opportun de nous engager en avance sur la date de clôture de la Conférence intergouvernementale".