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Bulletin Quotidien Europe N° 8466
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/convention/defense

Levée de boucliers britannique contre une défense européenne commune

Bruxelles, 20/05/2003 (Agence Europe) - David Heathcoat-Amory, représentant de la Chambre des Communes à la Convention européenne, a lancé un avertissement contre toute ambition européenne en matière de défense, avertissement auquel ont apporté leur soutien plusieurs personnalités britanniques, y compris deux anciens militaires de haut rang: le général Sir John Akehurst (commandant suprême adjoint de l'OTAN de 1987 à 1999), et l'amiral Sir John Woodward, qui avait commandé les troupes britanniques dans la guerre des Falklands/Malouines en 1982.

Les signataires, qui soulignent que "les gouvernements et les peuples d'Europe pensent différemment, et toute tentative de créer une politique étrangère commune - et encore moins une défense commune - n'a guère de probabilité de réussir", craignent qu'une prise de décision à la majorité qualifiée dans ce domaine force les gouvernements à "appuyer des décisions qui sont controversées et impopulaires chez eux". Les Britanniques ont une " relation privilégiée et de longue durée avec les Etats-Unis dont profite l'Europe dans son ensemble (…), et qui est sérieusement menacée par les propositions en discussion" à la Convention, poursuivent-ils, en invitant donc les conventionnels à "rejeter le projet sur la table comme n'étant ni dans l'intérêt des gouvernements de l'UE ni dans celui de leurs citoyens". Les signataires s'indignent aussi que l'UE ait déjà destiné des unités à une "vaste Force de réaction rapide", y compris des "porte-avions, sous-marins, forces spéciales, batteries de missiles Patriot...., ce qui en fait bien plus qu'une simple unité de maintien de la paix". Selon eux, ceci fait ressortir une "tendance évidente", allant de pair avec les plans sur un "euro-Sandhurst (l'école militaire européenne proposée au Sommet "défense" du 30 avril entre Belgique, France, Allemagne et Luxembourg: NdlR), les motivations militaires derrière le système Galileo et les propositions du dernier rapport Morillon du Parlement européen". Heureusement, concluent les auteurs, la possibilité d'un opt-out demeure en matière de défense, et son maintien doit être une pré-condition à toute futur feu vert à une "Force européenne".

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