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Bulletin Quotidien Europe N° 8466
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/immigration

Le ministre grec des Affaires étrangères appelle les Quinze à mieux ouvrir et gérer les canaux de l'immigration économique légale

Athènes, 20/05/2003 (Agence Europe) - Le ministre grec des Affaires étrangères, George Papandreou, a lancé un appel aux Etats membres pour une meilleure ouverture de voies légales à l'immigration économique, gérées en partenariat avec les pays d'origine et de transit. C'est "la seule chance" pour que les Quinze réussissent à mettre en place l'agenda de Séville de maîtrise de l'immigration et lutte contre l'immigration illégale, a-t-il déclaré à l'occasion d'une conférence sur le thème "Gérer l'immigration pour le bénéfice de l'Europe", organisée les 15 et 16 mai à Athènes par la Présidence grecque et l'Athens Migration Policy Initiative (AMPI). George Papandreou s'est prononcé, plus précisément, pour des "systèmes bien gérés de sélection des immigrés, (qui) permettent à un gouvernement de reconnaître la demande de main-d'oeuvre immigrée de la part de l'économie et de créer les voies d'entrée légales pour les immigrés". "En ouvrant ces voies légales à l'immigration, l'UE peut commencer à s'assurer la coopération des pays d'origine et de transit dans un front commun contre les trafiquants d'êtres humains et les réseaux d'immigration illégale", espère-t-il.

Plus de 150 experts étaient réunis à Athènes pour cette conférence. Le Président du Conseil de l'UE a insisté auprès d'eux sur la responsabilité individuelle et collective des Etats membres dans la lutte contre l'immigration illégale et le trafic d'êtres humains. Mais, dans le même temps, il a longuement souligné que le débat ne devait plus "être monopolisé par l'immigration illégale". George Papandreou estime que ce faisant les Etats membres ont "failli à leur public" et aux valeurs de l'UE. "Nous devons expliquer à nos publics que l'immigration peut aider les économies européennes - si nous gérons bien les flux migratoires. Nous devons expliquer que les immigrés peuvent enrichir nos sociétés - si nous investissons dans des programmes pour les intégrer à nos sociétés".

En ouverture de la conférence, Demetrios G.Papademetriou, co-directeur du Migration Policy Institute, a estimé lui aussi que "l'approche complètement autoritaire dans les négociations avec les pays d'émigration ne peut pas marcher". "Il faut y inclure des possibilités d'immigration et de visas", a-t-il déclaré. En ouverture de la conférence, il a invité experts et politiques à abandonner "nos manières obsolètes (...) morcelées (...) et beaucoup trop binaires de gérer l'immigration": pays d'immigration/d'émigration, immigration économique/politique, temporaire/permanente… Il a dénoncé l'attitude des gouvernements "qui refusent de parler de l'immigration en termes positifs, sauf au moment où les partis extrémistes prennent de l'importance". Il a insisté sur l'ampleur du phénomène migratoire en Europe: 1 personne sur 7 vivant en Allemagne est née dans un autre pays, 1 sur 8 en Grèce, 1 sur 3 au Luxembourg.

La conférence a abordé tour à tour l'importance de l'immigration face au vieillissement de la population (question qui a été très débattue), les méthodes de lutte contre l'immigration illégale, le marché du travail et l'immigration, et les systèmes de sélection des immigrés. Plusieurs participants ont dénoncé le fait que les canaux de l'immigration légale soient "quasiment bloqués". D'autres ont questionné la volonté réelle des autorités de lutter contre le travail au noir.

Doris Meissner, ancienne commissaire au service des Etats-Unis pour l'immigration et la naturalisation, est venue faire part de l'expérience de son pays. La politique mise en place depuis le début des années 1990 pour lutter contre l'immigration illégale venue du Mexique et d'Amérique latine était basée sur trois éléments, a expliqué Mme Meissner: sanctionner les employeurs qui embauchent au noir, renforcer les contrôles aux frontières, et mettre en place un processus de régularisation, pour "compenser" le durcissement de la politique. Mme Meissner estime que les sanctions ont "échoué": la législation est trop faible, et il n'y a jamais eu les moyens suffisants pour la faire respecter, a-t-elle expliqué. Elle estime, en revanche, que le renforcement des contrôles aux frontières a été efficace. Elle en a toutefois souligné les limites: la loi ne peut pas empêcher les réalités du marché du travail ; or, au moment même du durcissement de la politique contre l'immigration illégale, l'économie, en plein boom, avait besoin de main-d'œuvre immigrée, qualifiée ou non, en situation régulière ou non. La régularisation a concerné plus de 3 millions de personnes. Mme Meissner a indiqué que 11% de la population des Etats-Unis n'est pas native de ce pays: cette partie de la population est composée d'un tiers de personnes naturalisées, un tiers de résidents légaux, un tiers en situation irrégulière. Illégaux: environ 9 millions de personnes. Elle s'est félicitée, enfin, de la volonté du président mexicain Vicente Fox, de mettre en place une politique commune.

Meyer Burstein, consultant, ancien haut fonctionnaire dans le département immigration du Canada, a cité en exemple la situation de son pays. Le programme pour l'immigration des travailleurs qualifiés "est unanimement vu comme étant dans l'intérêt du public, et les immigrés travailleurs qualifiés sont largement considérés comme contribuant à la prospérité du Canada. La migration familiale, d'un autre côté, bien que correspondant aux valeurs du Canada, est vue comme répondant aux intérêts privés plutôt que publics. La politique des réfugiés est comprise comme étant coûteuse, mais les coûts sont volontiers assumés tant que le Canada pose des limites".

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