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Bulletin Quotidien Europe N° 8462
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/convention

Dans cette phase décisive, tous devront faire preuve de volonté de compromis, souligne le président Cox - Rencontre avec le président Prodi - La délégation du PE à la Convention examine les résultats des cinq premiers groupes de travail

Strasbourg, 14/05/2003 (Agence Europe) - La Convention européenne s'approche du « moment de la décision », une phase dans laquelle le Parlement est « déterminé à se connecter autant que possible » avec les autres acteurs de ce processus, a déclaré mardi soir le président du Parlement européen Pat Cox à quelques journalistes, tout en ajoutant: esprit de compromis, oui, mais pas au point de rendre « incohérent le produit final ». La rencontre d'aujourd'hui entre la Conférence des présidents et Romano Prodi fait partie de ce travail, a indiqué M.Cox, en insistant: « il faut maintenant un esprit de compromis de la part de toutes les composantes », y compris le Parlement. Car, a-t-il répété, nous voulons que cette Convention soit un succès. Que signifie « succès » ? Pour M.Cox, cela veut dire « parvenir à temps à un consensus aussi vaste que possible, un consensus cohérent, car si on arrive à une multiplicité de textes alternatifs, nous aurions échoué dans notre mission principale ».

Sollicité par les journalistes sur les « compromis » que le Parlement européen pourrait être prêt à accepter, Pat Cox a livré quelques réflexions personnelles, car, a-t-il rappelé, le Parlement n'a évidemment pas encore adopté une position définitive sur le futur traité constitutionnel. Il a estimé que «probablement » l'acceptation d'un « chairman » qui donnerait au Conseil européen la « continuité » qui lui manque aujourd'hui, dans le respect de l'équilibre interinstitutionnel et avec « une claire délimitation de ses fonctions » par rapport à celles du président de la Commission européenne, serait « un geste de compromis substantiel ». En revanche, les députés seraient « troublés » par la perspective d'un « président puissant et non responsable de ses actes plutôt qu'un président pratique, utile ». En répétant qu'il s'agissait là de ses idées personnelles, M.Cox a précisé: cette personne devrait travailler « de concert avec les autres acteurs », y compris avec la Commission et le Parlement, pour « définir l'agenda stratégique » de l'Union. Faut-il « un chairman ou un chef ? », s'est il demandé. Pour répondre: « Un chairman, pas un chef ».

Interrogé sur l'opportunité de faire élire le président de la Commission européenne par le Parlement à une majorité renforcée, Pat Cox a reconnu: si on exige une majorité trop élevée, on risque de devoir chercher un genre de personnalité qui n'existe même pas, ou bien une personnalité « si multicolore que ce sera difficile de savoir en quoi elle croit ». Serait-il disponible pour ce poste ? Pat Cox a ri: ici, il en va de la « Constitution de l'Europe, pas de la constitution de ma carrière ! ».

Dans notre rencontre avec Romano Prodi, nous n'avons pas évoqué des questions spécifiques sur lesquelles nous pourrions travailler afin de parvenir à des textes ou à des amendements communs, a dit Pat Cox en répondant à des questions. EUROPE croit savoir que le président Prodi a souhaité à cette occasion une intense coopération entre les composantes Commission européenne et Parlement européen à la Convention européenne, mais que la majorité des présidents des groupes politiques s'est montrée disposée à développer une coopération ponctuelle sur l'un ou l'autre sujet plutôt qu'à s'engager dès à présent à bâtir une sorte de front commun Commission/Parlement.

Délégation du PE à la Convention: les familles politiques doivent négocier les compromis

Egalement mardi, la délégation de conventionnels du Parlement européen a discuté les résultats des petits groupes de travail informels (de deux ou trois députés chacun) créés en son sein pour essayer de dégager des positions communes du PE sur les projets d'articles qui sont actuellement sur la table. Les députés ont commencé par examiner les premières orientations des groupes sur les définitions et les objectifs de l'Union, les droits fondamentaux et la citoyenneté, les compétences, les institutions et la vie démocratique de l'Union, et poursuivront cet examen le 20 mai. Le président de la délégation, Inigo Mendez de Vigo, a reconnu la difficulté de parvenir à des compromis en plénière, et a estimé que « ce sont les familles politiques qui doivent négocier les compromis »: ceci serait, selon lui, « efficace, démocratique et transparent », et permettrait d'éviter que « les décisions se prennent ailleurs ».

Par ailleurs, la majorité des membres de la délégation ont confirmé leurs perplexités quant au respect du calendrier imposé par le Conseil européen (présentation du projet de traité le 20 juin, à Thessalonique). Une solution pourrait consister à présenter le 20 juin la première partie du projet de traité et la Charte des droits fondamentaux (deuxième partie selon le présidium: voir EUROPE du 13 mai, p. 5) et à poursuivre en juillet les travaux de la Convention sur les articles concernant les politiques de l'Union (troisième partie) et les dispositions finales (quatrième partie).

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