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Bulletin Quotidien Europe N° 8461
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/sante

Améliorer les traitements des maladies mentales

Bruxelles, 13/05/2003 (Agence Europe) - Un panel d'experts impliqués dans la recherche et le traitement des maladies mentales réuni le 7 mai au Parlement européen, à l'initiative d'Antonios Trakatellis (Nea Demokratia), a essayé de dégager des pistes pour définir les mesures qui pourraient être prises au niveau européen pour améliorer les traitements de ces maladies en Europe, tout en orientant davantage les politiques en cette matière vers les besoins des patients. M. Trakatellis a proposé d'intégrer les principaux résultats de cette rencontre dans les conclusions de la Présidence grecque sur la santé mentale en Europe, dont l'adoption est prévue lors du Conseil Santé des 2 et 3 juin. La conférence sur le thème « Santé mentale et schizophrénie: esprits ouverts, portes ouvertes ? » devrait aussi permettre de créer une nouvelle dynamique partenariale entre les milieux scientifiques et professionnels et les associations de familles, à l'occasion du lancement du 6ème programme-cadre de recherche. John Bowis (PPE-DE) a indiqué à cette occasion que la recherche, élément fondamental des futures actions concernant la santé mentale en Europe, devait bénéficier de plus de crédits. Giuseppe Nisticò (PPE-DE) a insisté sur la nécessité de poursuivre la recherche dans le secteur des médicaments, pour réduire au minimum les effets secondaires sur les patients. Rappelant le retard de l'Europe (sur les Etats-Unis et l'Australie, mais aussi Taïwan, Hong-Kong et Singapour) en matière de médicaments, le professeur britannique Robert Kerwin a précisé que les effets physiques négatifs viennent s'ajouter au sentiment de honte et aux difficultés dont souffrent déjà les malades.

Présentant les résultats de l'Eurobaromètre à paraître en juin prochain sur « L'état de la santé mentale de la population européenne », le docteur finlandais Sami Pirkola a indiqué qu'un quart des Européens souffrent de troubles mentaux (dépression, schizophrénie, etc.). Alarmé par ce chiffre, Horst Kloppenburg, représentant la DG Santé et protection des consommateurs à la Commission européenne, a expliqué qu'il ne fallait pas « isoler la santé mentale comme un problème spécifique de santé » et a déploré que « les maladies mentales soient trop souvent touchées par l'infamie ». Conscient de la nécessité de faire évoluer les mentalités, Rodney Elgie, représentant le Forum Européen des Patients, a souligné « le rôle essentiel des responsables politiques et de la Commission, qui devraient donner plus de crédits à l'information », tout en ajoutant le rôle que doivent jouer les facultés de médecine. Le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Shekhar Saxena, tout en soulignant que les médecins généralistes n'avaient pas une formation suffisante en matière de santé mentale, a constaté qu'il manquait des lits dans les hôpitaux psychiatriques en Europe: « c'est une honte, à l'aube du XXIème siècle », s'est-il exclamé. En ironisant sur le titre donné à cette conférence placée sous le signe de l'ouverture, M. Elgie a constaté, pour le regretter, que les portes et les esprits étaient bel et bien fermés en matière de santé mentale, principalement à cause de « l'exclusion sociale ». Le professeur Michel Bourin, responsable du département de la recherche sur les maladies mentales à l'université de Nantes (France), a préconisé quant à lui la standardisation de la prise en charge des malades au niveau européen, puisque « dans 8 cas sur 10 les sans logis sont des schizophrènes, laissés pour compte dans la rue ».

La Commission organisera, en collaboration avec le PE le 18 septembre, une conférence sur la recherche cérébrale en Europe animée par quelque 200 représentants de la communauté scientifique. Les thèmes abordés seront: 1) le domaine de la recherche du cerveau; 2) les positions et les attentes des chercheurs; 3) les améliorations des structures existantes en Europe. Le but essentiel de cette rencontre sera de « soutenir la création d'un secteur européen de la recherche sur le cerveau et d'explorer comment le 6ème programme-cadre peut y contribuer », a expliqué Philippe Cupers, représentant la DG Recherche de la Commission européenne.

La Présidence grecque prépare actuellement un projet de conclusions sur la santé mentale qui sera soumis au Conseil du 2 juin prochain.

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