Bruxelles/Washington, 13/05/2003 (Agence Europe) - Les Etats-Unis ont déposé, mardi à Genève, une demande de consultatons avec l'Union européenne à propos du moratoire « illégal » et « injustifié » qu'elle maintient depuis près de cinq ans sur les produits contenant des organismes génétiquement modifiés, en dépit de ses obligations internationales, de ses propres règles, de l'avis exprimé publiquement par ses commissaires et de l'avis de ses propres experts scientifiques, a annoncé Robert Zoellick, le Représentant au Commerce, lors d'une conférence de presse à Washington, avec la Secrétaire à l'Agriculture Ann Veneman. Cette démarche formelle, maintes fois différée dans le contexte de crise sur la question irakienne, constitue un préliminaire incontournable de la procédure de règlement des différends de l'Organisation mondiale du commerce. Elle est appuyée activement par le Canada, l'Argentine et l'Egype, tandis que de nombreux autres pays dont l'Australie, le Mexique, le Chili et le Pérou n'interviendront qu'en tant que tierces parties dans cette procédure où les Etats-Unis chiffrent pour l'heure leurs pertes commerciales à plusieurs centaines de millions de dollars. « Depuis près de cinq ans, les Européens ont stoppé toute action concernant les demandes de mises sur le marché de produits contenant des OGM et nous avons attendu patiemment », a déclaré M. Zoellick avant d'assurer que les Etats-Unis ne « veulent pas forcer les consommateurs à manger de la nourriture dont ils ne veulent pas » mais que l'Europe doit « leur donner la possibilité de choisir ».
La Commission européenne a immédiatement réagi en jugeant la décision américaine « superflue » et « mal orientée ».