Bruxelles, 02/05/2003 (Agence Europe) - Contrairement à ce qu'espérait la Commission européenne, l'entreprise commune qui doit gérer le développement de Galileo, le projet européen de radionavigation par satellite, n'a pas pu être lancée le 30 avril. La Commission avait espéré pouvoir réunir à cette date le conseil de surveillance de Galileo, pour signer la création de l'entreprise commune avec l'Agence spatiale européenne (ESA), son partenaire à part égale dans le projet. Mais la tenue de cette réunion dépendait de l'issue du conseil de l'ESA du 25 avril. Les espoirs ont une nouvelle fois été déçus. Face au maintien par l'Espagne de son opposition au projet de compromis sur le financement, le conseil de l'Agence spatiale européenne du 25 avril a finalement retiré ce point de son ordre du jour. L'Espagne demande que sa contribution au projet soit augmentée. L'Allemagne et l'Italie, qui s'opposaient sur la direction du projet, étaient arrivées fin mars à un compromis, qui partageait la direction du projet et son financement. Les quatre "grands" (Allemagne, Italie, France, Royaume-Uni) devraient apporter chacun une contribution de 17,5% au projet et donc obtenir un même retour sur investissement, selon la règle du retour industriel de l'ESA. Selon cet accord, l'Espagne contribuerait pour 9%, ce qu'elle estime être insuffisant. Tant qu'il n'y a pas accord, l'ESA ne peut ni confirmer sa participation au projet ni signer la création de l'entreprise commune.
Le directeur de l'ESA, Antonio Rodotà, a écrit tout récemment à l'Espagne pour tenter de la convaincre d'accepter le compromis. En revanche, l'ESA assure, officiellement, ne pas avoir prévu d'inscrire Galileo à l'ordre du jour de son conseil, que ce soit à un niveau diplomatique ou ministériel. Ce sujet "n'est pas envisagé pour la réunion ministérielle du 27 mai", indique un porte-parole de l'ESA. "La solution repose dans les mains de l'Espagne", ajoute-t-il. L'exécutif de l'ESA, explique-t-il, estime que, puisque la décision politique de poursuivre le projet Galileo a été prise par le Conseil ministériel, ce conseil n'a plus à revenir sur la question, mais doit attendre que la position espagnole évolue, notamment grâce à des contacts politiques informels. Le service de presse de l'ESA assure ne pas avoir entendu parler d'un projet de réunion extraordinaire du conseil de l'ESA sur Galileo mi-mai, évoqué par quelques diplomates à Bruxelles.
Afin de ne pas perdre les indispensables fréquences d'émission attribuées à Galileo par la conférence mondiale des télécommunications, toutes les fréquences devront être opérationnelles et utilisées en juin 2006, explique un expert. Pour cela, il faudrait envoyer au plus tard un satellite en décembre 2005 ou janvier 2006. Il devient donc extrêmement urgent de mettre sur pied l'entreprise commune, pour qu'elle puisse lancer la procédure d'appel d'offres, avertit cet expert.