Bruxelles, 30/04/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne a travaillé mercredi sur sa réaction aux propositions institutionnelles faites par le présidium de la Convention européenne, lors d'une séance dont son porte-parole a anticipé qu'elle serait "très longue". Le Président Prodi dans un discours diffusé mardi, avait déjà annoncé la couleur en déclarant que "la Commission, et moi personnellement, refusons l'idée d'un président du Conseil "européen à temps plein, notamment parce que cela casserait l'équilibre entre petits et grands Etats membres. "Ceci marquerait la fin de la méthode communautaire. L'Union ne serait plus une communauté et deviendrait, dans les faits, une zone de libre-échange gérée par un directoire politique", affirme-t-il. M.Prodi a aussi rappelé l'attachement de la plupart des Etats membres au maintien d'un Commissaire pour chaque pays, en estimant que "leur insistance est justifiée si l'on veut que la Commission continue de jouer son traditionnel rôle d'honnête intermédiaire".
Le Président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, lui a répliqué, sur la radio française France Info: "Gardons la tête droite et regardons les avantages et les inconvénients d'une présidence tournante ou d'une présidence stable". VGE, qui note que la présidente tournante, "c'est vingt présidents de l'Union européenne les dix prochaines années, et jamais deux fois le même", souligne que dans la proposition du présidium,"nous n'enlevons aucun pouvoir à la Commission" en proposant "même de renforcer l'autorité du président" sur la Commission.
Dans une interview publiée le 30 avril par Die Presse, le Commissaire à l'agriculture Franz Fischler affirme pour sa part que le Congrès des peuples proposé par VGE est "vraiment quelque chose d'inutile", mais que le président du Conseil européen à plein temps est "beaucoup plus dangereux". Selon lui, ce serait "la garantie qu'on ne parviendra à aucune intégration de la politique étrangère" et la réduction de la Commission à l'état de "simple organe exécutif", surtout si le président s'entoure d'un "bureau" (pouvant aller jusqu'à 500 personnes, ajoute-t-il) et détermine les orientations stratégiques de l'Union.