Bruxelles, 31/03/2003 (Agence Europe) - Le Parlement a adopté jeudi dernier (383 voix contre 54 et 81 abstentions), un rapport de Elspeth Attwool (ELDR, britannique) qui modifie, pour la rendre parfois plus ambitieuse, la proposition interdisant de rejeter par-dessus bord le corps du requin (souvent encore en vie) après lui avoir enlevé les nageoires destinées à la commercialisation. La proposition de la Commission, qui date de la fin 2002, prévoit l'interdiction de stocker à bord des navires les nageoires de requin sans les corps de ceux-ci, tout en permettant, dans certains cas, de rejeter à l'eau les viscères et parfois les têtes, mais à condition que le reste de la carcasse soit débarqué. Comme la proposition prévoit des dérogations (« pour les navires dont la capacité d'utiliser toutes les parties des requins est attestée et pour lesquels la nécessité d'une transformation différenciée, à bord, des nageoires de requin et d'autres parties de requin est dûment justifiée »), le Parlement a voulu introduire un système de traçabilité permettant d'identifier les parties appartenant à chaque requin pour éviter les éventuelles pratiques frauduleuses. Le PE a introduit aussi des dispositions sur l'enregistrement des prises de requins conservées et rejetées. Ainsi tous les navires devront consigner dans un journal de bord les informations concernant, pour chaque espèce, le poids des requins conservés à bord, transbordés, débarqués ou rejetés. Ces dispositions seraient révisées en fonction des données de captures actualisées et des rapports d'inspection. En outre, le Parlement prévoit que ce règlement soit incorporé dans les accords de pêche avec les pays tiers.
Il s'agit de la première tentative de réglementer à l'échelle européenne la pêche au requin. L'exportation de nageoires de requin par l'UE est importante puisqu'en 2000, l'UE a assuré à Hong-Kong 14,36% en poids de ses importations de nageoires de requins. L'augmentation des captures a mis en péril plusieurs espèces de requins.