Bruxelles, 25/03/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne s'étonne et trouve « injuste » que la Banque Mondiale puisse « rendre un verdict » sur l'initiative Tout Sauf les Armes avant même qu'elle n'ait «pris son envol». Il est en effet « évident que les statistiques commerciales de 2001 qu'utilise (l'institution) ne peuvent refléter toute la portée des bénéfices que les pays les plus pauvres dégageront de TSA », souligne un porte-parole de la Commission. Dans une rapport d'évaluation de l'ouverture du marché communautaire aux produits des PMA, l'économiste Paul Brenton a fait valoir que l'initiative européenne ne bénéficiait cette année-là (année de son entrée en vigueur) qu'à une part infime des exportations de ces pays et que l'impact de cette action sur leur intégration dans le système commercial mondial était alors négligeable.
« Cette étude argue que l'initiative TSA, par laquelle nous offrons un accès au marché libre de droits et de quotas aux PMA depuis 2001, échoue à bénéficier à ces pays », note la Commission, en répliquant: - il est trop tôt pour pouvoir pleinement évaluer l'impact de cette initiative qui oeuvre au renforcement des activités commerciales de ces pays en association avec l'assistance technique que l'UE leur procure ; - le total des importations en provenance des 49 pays bénéficiaires a augmenté de 8,9% en valeur depuis l'entrée en vigueur de TSA ; - il est peu vraisemblable de pouvoir en mesurer l'impact avant la fin de 2003/début 2004, vu que « les producteurs et autres acteurs sur le marché ont besoin de temps pour réorienter leur production afin d'exporter vers l'Union » ; - les PMA des régions Afrique, Caraïbe et Pacifique ont augmenté leurs exportations vers l'UE de 12% en 2001, alors que l'ensemble des importations du bloc européen stagnaient et que les prix de plusieurs matières premières clés accusaient de fortes baisses sur le marché mondial ; - la somme des exportations de produits qui n'étaient pas exportés ou qui l'étaient dans le cadre de contingents, soit le « commerce créé », s'élevait à 6 millions d'euros en 2001 (à titre d'exemple, le Mozambique exporte pour la première fois du sucre vers l'UE); - il ne faut pas oublier que 99,7% des exportations des Etats ACP les moins avancés bénéficient déjà d'un accès libre de droits (quoique sous quotas pour certains) au titre de l'Accord de Cotonou. Et « même pour le sucre, le riz et la banane, qui sont les seuls produits soumis à une période transitoire avant la libéralisation complète (respectivement en juillet 2009, en septembre 2009 et en janvier 2006: NDLR), les importations sont déjà en hausse », complète le porte-parole. Par ailleurs, les services estiment, à propos du risque de voir se développer des monocultures et exportations dont ces pays pourraient devenir dangereusement dépendants, que le traitement préférentiel étant accordé sans limite dans le temps ni réexamen périodique (comme c'est en revanche le cas pour le SPG et les préférences de Lomé), la certitude d'avoir accès au marché européen pour tous les produits va gagner en force, ce qui renforcera à son tour l'impact de TSA sur les investissements et la diversification de la production des pays bénéficiaires.