Bruxelles, 07/01/2003 (Agence Europe) - Le ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, était relativement satisfait mardi de sa rencontre avec le Président de la Commission européenne qui a porté essentiellement sur le statut de la Corse. Romano Prodi a insisté sur le fait que les règles européennes "n'ont pas été changées", mais "dans cette limite" des solutions "concrètes" ont été trouvées, a dit M. Sarkozy à la presse. Il ne s'agit que "d'un premier pas", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a indiqué que Romano Prodi s'était montré d'accord sur un certain nombre de revendications françaises: augmenter le crédit d'impôt à 20% pour certains secteurs tels que l'hôtellerie; prolonger de 5 ans la zone franche, avec un taux dégressif; maintenir la fiscalité du tabac dans l'île à son niveau actuel, en l'augmentant à 44 % en 2008 puis en l'alignant en 2010 sur le régime des nouveaux Etats membres; poursuivre les aides à la modernisation de la pêche jusque fin 2004. Le ministre de l'Intérieur "reviendra à la Commission" à propos des dérogations sur les liaisons maritimes et aériennes ainsi que sur la question de l'aide à l'investissement. Le Président de la Commission a indiqué que le plafond d'aides de 30% ne pouvait être dépassé, mais que la Commission était flexible en deçà de ce plafond. "In fine, la situation fiscale en Corse doit devenir la même qu'en France continentale", avait déclaré un peu plus tôt, lors de sa conférence sur dix ans de marché intérieur, le Commissaire en charge de la fiscalité et du marché intérieur, Frits Bolkestein.
Le ministre français, et la nombreuse délégation corse qui l'accompagnait, n'ont pas obtenu satisfaction sur une de leurs revendications principales, à savoir la reconnaissance du "statut spécifique insulaire" pour la Corse, qui n'est pas éligible aux aides Objectif 1 (son PIB par habitant est supérieur à 75% de la moyenne communautaire, et elle n'a pas le statut de zone isolée ou dépeuplée comme certaines régions nordiques). M. Prodi a lié cette question à la réforme de la politique de cohésion après 2006. M. Sarkozy s'est toutefois montré satisfait de ce que le Commissaire responsable de la politique régionale, Michel Barnier, lui a indiqué que "l'insularité fera clairement partie des propositions de la Commission".