Copenhague, 12/12/2002 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse juste avant l'ouverture de la réunion du Conseil européen, le président Anders Fogh Rasmussen s'est déclaré optimiste en ce qui concerne la conclusion des négociations d'adhésion avec les dix pays candidats, mais il leur a aussi lancé un avertissement en affirmant que le montant financier qui est sur la table sera le maximum (voir la page suivante).
Les autorités turques ont lancé, jeudi à Copenhague, une dernière grande offensive diplomatique pour convaincre les Quinze de fixer un calendrier plus favorable pour l'adhésion de la Turquie à l'UE. Le leader du parti au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre Abdullah Gul ont rencontré jeudi matin le Premier ministre grec Costas Simitis et, dans l'après-midi, les chefs de gouvernement britannique, Tony Blair et italien, Silvio Berlusconi ainsi que le président du Conseil européen qui devait présenter dans la soirée un texte sur la Turquie à ses homologues. Une rencontre trilatérale avec le président Jacques Chirac et le chancelier Gerhard Schröder est aussi prévue ce vendredi. L'objectif de la délégation turque était d'obtenir un meilleur calendrier pour l'ouverture des négociations, avec une décision finale prise avant l'arrivée des futurs nouveaux Etats membres, c'est-à-dire encore sous présidence italienne ou au plus tard en mars 2004. Pour y parvenir, la Turquie a mis dans la balance un arrangement concernant le dossier de l'utilisation des capacités de l'OTAN pour des missions de la PESD et un engagement pour le règlement de la question chypriote. Des discussions avaient lieu parallèlement entre l'envoyé spécial des Etats-Unis pour Chypre, Thomas Weston, le représentant de l'ONU, Alvaro de Soto et les représentants des deux communautés chypriotes, le président Glafko Clerides pour la République de Chypre, et le ministre des Affaires étrangères de la RTCN, Tahsin Ertugruloglu, en vue de parvenir à un accord sur les principes du plan de paix de l'ONU avec un calendrier de négociations pour la réunification de l'île compatible avec celui de l'adhésion. La signature d'un accord était improbable du fait de l'absence du leader chypriote turc, hospitalisé à Istanbul, mais un engagement politique ferme sur un calendrier précis pourrait suffire, selon certains diplomates, pour faire coïncider le bilan sur la mise en œuvre des réformes en Turquie et l'ouverture des négociations au second semestre 2004, mais en aucun cas avant les élections européennes. Réagissant à l'appel téléphonique qu'il a reçu du président Bush, M. Rasmussen a dit qu'il lui a "clairement fait comprendre que c'est une décision européenne".
A l'issue du Sommet PPE, Jean-Pierre Raffarin a dit que France, Italie, Espagne et Portugal étaient pour l'indication d'une date à la Turquie, alors qu'Edmund Stoiber était très réservé et que le Luxembourg et les Pays-Bas avaient une position plus moyenne, réservée mais moins que celle de la CDU-CSU.