Bruxelles, 28/11/2002 (Agence Europe) - Amnesty International s'inquiète de la "dimension extérieure" de la politique d'asile et d'immigration. Dans une lettre ouverte aux ministres européens de l'Intérieur, l'organisation de défense des libertés craint que l'intégration de l'immigration dans les relations avec les pays tiers, notamment par l'exigence d'accords de réadmission des clandestins, revienne à "échanger des êtres humains contre une aide financière".
Dans sa lettre, Amnesty dénonce les promesses non tenues pour l'ensemble du paquet asile et immigration. "Malgré les engagements pris à Tampere en 1999, la protection des demandeurs d'asile dans l'UE a diminué", affirme la lettre ouverte. Amnesty souligne que les Etats membres mettent beaucoup de mauvaise volonté à adopter des instruments européens et continuent en même temps à mettre en place des instruments nationaux plus répressifs. Amnesty craint donc que les instruments européens ne soient finalement que "des boîtes vides" se référant à la législation nationale pour les points les plus sensibles.
Pour Amnesty, les Etats membres doivent avant tout harmoniser les règles et les procédures avant d'avancer sur le dossier "Dublin II" qui définit quel Etat membre doit examiner une demande d'asile. En l'absence d'harmonisation, un demandeur d'asile peut être envoyé dans un pays qui n'assure pas une bonne protection, explique Amnesty International. A propos du plan de retour des réfugiés afghans, la lettre dénonce toute tentative de retours forcés dans un pays où le risque de violation des droits de l'homme ne peut être écarté.