Bruxelles, 28/11/2002 (Agence Europe) - Jonathan Faull, porte-parole de la Commission européenne et directeur général à la Presse et information, a indiqué jeudi que la Commission allait examiner si le recrutement, par le groupe informatique Microsoft, de Detlef Eckert, ancien chef d'unité au sein de la DG Société de l'information, était déontologiquement acceptable. M.Eckert, qui a quitté la Commission pour un congé de « convenance personnelle » de six mois, a été engagé par Microsoft pour exercer une fonction de « Security Officer » chargé de la sécurité informatique au sein de l'entreprise, à partir du 2 décembre prochain. Or, le groupe Microsoft est actuellement sous le coup d'une enquête menée par les services de la DG concurrence depuis plus de trois ans pour abus de position dominante, enquête dont les résultats sont attendus d'ici la fin de l'année. Le recrutement par le groupe américain d'un fonctionnaire européen pourrait ainsi poser un problème de conflit d'intérêts, puisque M.Eckert a participé à des auditions entre la Commission et Microsoft. Selon M.Faull, la Commission aurait reçu des « assurances » selon lesquelles M. Eckert ne travaillera pas sur les questions anti-trust chez Microsoft: « Comme toute personne de son statut, il est lié aux règles déontologiques et de confidentialité (…). La Commission attache la plus grande importance aux normes de probité éthique et elle ne ménagera aucun effort pour examiner toutes les affaires qui lui seront présentées », et prendra « toutes les mesures nécessaires s'il devait y avoir conflit d'intérêts ou perception de conflit d'intérêts », précise M. Faull.
Cette affaire n'est pas sans rappeler celle de « Gplus », une société de communication et de lobbying créée par d'anciens porte-parole de la Commission et qui avait gagné un marché pour la réalisation de dossiers d'informations sur les activités de la Commission. Contrat qui, entre-temps, avait été suspendu vu les réactions négatives qu'avait suscitées l'attribution de ce marché à une société dirigée par d'anciens fonctionnaires (voir EUROPE du 30 septembre/1er octobre, p.13). La Commission a étudié, suite à cette affaire, dans quelle mesure il y avait lieu de modifier certaines dispositions du statut de la fonction publique européenne afin de prévenir à l'avenir tout risque de conflits d'intérêts. « D'ici la fin de l'année, un projet de décision sera présenté », a indiqué Eric Mamer, porte-parole du Commissaire Kinnock (réforme administrative). « Dans le cadre de la réforme du statut, nous avons proposé de renforcer les règles sur la discrétion (devoir de réserve: NdlR) et les mécanismes de contrôle », a-t-il ajouté, en précisant: « il n'est pas si simple de modifier un modèle (…). La Commission ne veut pas prendre de décision hâtive, vu la complexité du problème ».