Strasbourg, 03/09/2002 (Agence Europe) - "Nous ferons tout ce qui est possible pour aider les millions de victimes des inondations", a dit, mardi à Strasbourg, le président du Conseil, Bertel Haarder, en soulignant devant la plénière du Parlement, que beaucoup de personnes ont tout perdu et que l'UE doit montrer aujourd'hui qu'elle est "une communauté de valeurs et de solidarité qui veut contribuer à réparer ces dégâts". Il a parlé d'un "très large consensus" au sein du Conseil pour les mesures proposées par la Commission ainsi que pour la création d'un fonds européen. Le Commissaire Michel Barnier a surtout insisté sur la prévention qui, a-t-il reconnu, exige beaucoup de courage politique pour "ménager plutôt que d'aménager le territoire". Au niveau européen, le principal levier financier est celui des fonds structurels, a-t-il rappelé, en constatant que "ces efforts ne sont pas à la hauteur des risques tels qu'ils sont devant nous" et qu'il faudra profiter de la révision de la politique régionale pour faire de la prévention une priorité majeure. Quant à la solidarité avec les régions sinistrées, il a noté que la Commission a proposé de mobiliser tous les instruments existants, et que "toutes les marges de flexibilité seront utilisées". Tous les députés ont souhaité une solidarité européenne concrète. Pour le groupe PPE-DE, Hans-Gert Pöttering (CDU), qui a salué l'action rapide de la Commission et de la Présidence danoise, il faut un bon équilibre entre solidarité et subsidiarité. Selon lui, une aide d'urgence d'un milliard d'euros est nécessaire mais qu'il ne faut pas remettre en cause le pacte de stabilité. Le président du groupe socialiste, Enrique Baron, a lancé un appel à la Commission et au Conseil pour qu'ils dépassent certaines considérations techniques en matière budgétaire et s'est prononcé pour une possibilité de révision du Pacte de stabilité pour les pays affectés par les catastrophes. Le libéral finlandais Kyösti Virrankoski a souhaité la création d'un fonds avec un instrument de flexibilité et des critères clairs d'utilisation des crédits, et a plaidé pour une lutte plus efficace contre les changements climatiques et l'effet de serre. Une position également défendue par les orateurs de groupes des Verts/ALE et GUE/NGL qui ont demandé que le futur fonds soit alimenté par les montants non utilisés du budget communautaire qui sont rendus aux Etats membres en fin d'exercice budgétaire.