Bruxelles, 03/09/2002 (Agence Europe) - A la veille de la clôture du deuxième Sommet mondial pour le développement durable, la centaine de chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Johannesburg, consentaient, mardi, un ultime effort pour surmonter le dernier différend empêchant l'adoption d'un « paquet de compromis » final sur un programme de mise en oeuvre pour éradiquer la pauvreté dans le monde et protéger l'environnement global. Ce différend portait sur la santé et l'accès aux services de santé reproductibles. Pour le reste, des accords avaient été atteints sur un catalogue d'engagements dont voici un aperçu: - lancer des programmes pour atteindre l'objectif de réduire de moitié, à l'horizon 2015, le nombre de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable - développer et mettre en œuvre des initiatives pour accroître l'accès des populations pauvres aux infrastructures d'assainissement (évacuation des eaux usées) ; - accroître l'accès à des services modernes d'approvisionnement énergétique pour deux milliards de personnes qui en sont privées ; - établir des programmes encourageant l'efficacité énergétique et l'utilisation des énergies renouvelables ; - créer les conditions d'un marché concurrentiel et équitable pour les énergies renouvelables et des technologies plus propres ; - éliminer d'ici à 2020 l'utilisation et la production de produits chimiques néfastes pour la santé humaine et l'environnement ; - restaurer les stocks de poissons pour en garantir l'exploitation durable d'ici à 2015 et établir un réseau de zones marines protégées d'ici à 2012 ; - mettre en œuvre d'ici à 2004 le programme d'action global pour la protection de l'environnement marin contre les sources terrestres de pollution ; - améliorer d'ici à 2010 l'accès des pays en développement à des solutions respectueuses de l'environnement, alternatives aux produits chimiques qui détruisent la couche d'ozone ; - prendre des mesures immédiates pour renforcer la mise en œuvre des législations nationales sur les forêts et le commerce international des produits de la forêt ; - financer des activités dans le cadre de la Convention de lutte contre la désertification ; - renforcer le rôle des femmes en matière de développement rural, d'agriculture, de nutrition et de sécurité alimentaire ; - renflouer la facilité pour l'environnement global avec 2,92 milliards de dollars. Cette liste non exhaustive de promesses qui seront consignées dans la déclaration finale est accompagnée de «partenariats pour l'action », nés à Johannesburg entre acteurs publics et privés. L'UE, pour sa part, a présenté son initiative dans le domaine de l'énergie (voir EUROPE du 30 août, p .6) qu'elle financera à hauteur de 700 millions d'euros par an.
Ces résultats, qualifiés de succès par certains - UE en tête- ont été dénoncés comme autant d'accords au rabais par une coalition d'ONG (dont Friends of the Earth, Greenpeace, Oxfam, WWF) particulièrement mécontentes qu'aucun objectif chiffré n'ait été fixé pour la part que devra représenter l'énergie renouvelable dans l'approvisionnement mondial, et que les pays riches aient refusé de s'engager à éliminer leurs subventions agricoles. Le texte du compromis sur l'énergie appelle simplement à agir «avec un sens de l'urgence » pour augmenter substantiellement la part globale des sources d'énergie renouvelables et à éliminer progressivement les subventions aux sources d'énergie fossile qui entravent le développement durable. « Ce n'est pas un texte idéal pour nous », a reconnu Margot Wallström, Commissaire à l'Environnement (l'Union plaidait pour un objectif de 15% à l'horizon 2010). Nitin Desai, Secrétaire général du Sommet, lui, s'en accommode: « la question du chiffre à fixer pour l'énergie renouvelable était un objectif louable, mais en réalité, avec une action durable, nous pourrons développer des industries de l'énergie renouvelable jusqu'à disposer d'une masse critique suffisante pour concurrencer l'énergie générée par les combustibles fossiles. Nous avons l'engagement pour que ce soit possible ».
« Pour le Président Prodi, le sommet est d'ores et déjà un succès. Nous voulions un résultat avec des objectifs mesurables et des dates. C'est chose faite », a déclaré à la presse à Bruxelles Jonathan Faull, porte-parole de la Commission. Et d'ajouter: « Il y aura un mécanisme de surveillance des partenariats. Le sommet a reconnu l'égalité entre les accords de l'OMC et les accords environnementaux multilatéraux ». Le Président du Conseil européen Anders Fogh Rasmussen a déclaré: «L'Union a joué un rôle moteur dans ces négociations (…). Johannesburg doit s'inscrire dans l'histoire comme le sommet de l'action (…). Mettons- nous d'accord sur un paquet qui remplace le désespoir et les ténèbres par l'espoir et la lumière pour des millions de personnes ».
M. Diabre, administrateur adjoint du PNUD, s'est félicité de la coexistence, à Johannesburg, de « deux sommets: celui des gouvernements et celui des ONG », du rôle très actif joué par la société civile, et des partenariats conclus dans les domaines de l'eau, l'énergie, l'agriculture et la biodiversité. Pour Ian Johnson, vice-Président de la Banque mondiale, «ce sommet est un excellent début d'un processus qui sera très long, et une excellente occasion de forger l'avenir. Nous avons fait des progrès. J'en aurais voulu davantage ».