Elseneur, 30/08/2002 (Agence Europe) - La coordination est un élément essentiel de la prévention des conflits, et l'UE "n'a pas l'intention d'agir seule dans ce domaine", a affirmé le Secrétaire d'Etat Friis Arne Petersen en intervenant au nom de la Présidence danoise à la conférence "Partenaires dans la prévention" qui a rassemblé jeudi et vendredi à Elseneur l'UE, le Conseil de l'Europe, l'OTAN, les Nations Unies, l'Union africaine et la Banque mondiale. "C'est la première fois que la famille européenne des organisations régionales est réunie avec l'ONU et nos autres partenaires régionaux pour examiner notre travail commun", a commenté le Haut Représentant pour la PESC Javier Solana, en saluant l'initiative du Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et le Programme de Göteborg sur la prévention des conflits adopté sur proposition de la Présidence suédoise. Dans son intervention, la ministre suédoise des Affaires étrangères Anna Lindh a souligné la nécessité de s'attaquer aux racines des "conflits violents" et, en rappelant que "les coûts de la guerre sont énormes", elle a averti: "les coûts des opérations de paix et de reconstruction le sont aussi".
"L'ONU continuera évidemment à jouer un rôle clé", a insisté Friis Arne Petersen, qui a reconnu qu'il faut "améliorer nos efforts de partage de l'information". Et il a lancé: "Pourquoi ne pas avoir des missions conjointes d'information afin de partager notre expertise et tirer des conclusions politiques de la même série de faits? Pourquoi ne pas renforcer la coopération entre les centres de situation et, par exemple, échanger régulièrement des experts entre organisations? Et pourquoi ne pas développer ensemble une série de meilleures pratiques?". En se félicitant de ce que l'UE ait la chance de disposer d'une gamme relativement vaste d'instruments, le représentant de la Présidence danoise a cité en particulier l'exemple de la mission de police de l'UE qui reprendra en janvier prochain le relais de la mission de l'ONU en Bosnie et Herzégovine.
Quant au ministre grec des Affaires étrangères, Georges Papandreou, il a évoqué le rôle de l'UE dans les Balkans, en estimant que la perspective d'une association ou d'une adhésion à l'Union a facilité la prévention à long terme des crises. Avis partagé par Javier Solana, pour qui le processus de stabilité et d'association "nous a fourni un très puissant instrument de prévention des crises" et "la perspective d'adhésion à l'UE a changé l'équilibre des intérêts dans le sens du compromis". Cependant, "l'équilibre des intérêts penche parfois, pour certaines parties, en faveur du conflit", a-t-il reconnu, en se demandant: "Comment pouvons-nous prévenir les conflits lorsque les intérêts d'une ou de plusieurs parties sont servis plutôt par le conflit que par le compromis?". Dans certains cas, des "menaces, des sanctions et le déploiement préventif de moyens militaires peuvent être nécessaires pour stabiliser la situation avant d'offrir davantage d'encouragements plus conventionnels", admet Javier Solana. Qui a aussi affirmé que l'adaptation de "nos cadres institutionnel et décisionnel" est "essentielle pour notre capacité de fonctionner de manière efficace dans ce nouvel environnement", alors que cela "pourrait sembler à certains marginal pour notre travail de prévention des conflits".