Bruxelles, 18/07/2002 (Agence Europe) - L'affaire de la contamination de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux à l'hormone de croissance MPA (acétate de médroxy-progestérone) est prise très au sérieux par les Etats membres et la Commission européenne, même si les scientifiques estiment que la santé des consommateurs n'est pas directement menacée. Lors de sa réunion de mardi, le Comité permanent pour la chaîne alimentaire a invité les Etats membres concernés (surtout les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique) à retracer et détruire tous les produits susceptibles de contenir des résidus de cette hormone et à augmenter les tests pour s'assurer que les produits contaminés sont sains.
Des produits suspects ont été retrouvés dans onze Etats membres, la Grèce, la Finlande, l'Autriche et l'Irlande étant pour le moment les seuls pays épargnés. Plus d'un millier d'exploitations à travers l'UE, ayant reçu des aliments contaminés ou des animaux nourris avec ceux-ci, font actuellement l'objet d'une surveillance rapprochée. L'enquête menée tend à confirmer que l'entreprise belge Bioland, à l'origine de la contamination, utilisait des déchets pharmaceutiques en provenance d'une entreprise irlandaise spécialisée (Cara Environmental Technology Ltd, qui appartient au laboratoire américain Wyeth) pour fabriquer du sirop de glucose destiné essentiellement à la production d'aliments pour animaux. Le glucose impropre à la consommation avait été expédié chez deux fabricants néerlandais, Zeelandvoeders et Genuva, qui vendent des aliments composés dans plusieurs pays européens.
M. Byrne proposera un renforcement des règles de contrôle dans l'industrie de l'alimentation animale
Le Commissaire David Byrne a souligné, lors d'une conférence de presse après le Conseil Agriculture de lundi, qu'il était temps de définir une stratégie de renforcement des sanctions en cas d'infraction aux règles européennes sur la sécurité alimentaire et la protection de la santé publique. Il a indiqué que des propositions sur le contrôle des denrées destinées à l'alimentation humaine ou animale et sur l'hygiène des aliments pour animaux (enregistrement des fabricants) seraient présentées respectivement à l'automne 2002 et au début de l'année 2003. Ce scandale « n'aurait jamais dû se produire (…) ; s'il a permis de vérifier le bon fonctionnement du système européen d'alerte rapide, il prouve aussi que de plus en plus d'attention doit être portée à l'industrie de l'alimentation animale » , a-t-il déclaré.