Bruxelles, 18/07/2002 (Agence Europe) - Parmi les nombreuses contributions de la société civile, certaines portent plus spécifiquement sur les secteurs de l'éducation et de la culture, avec un plaidoyer en faveur d'un rôle accru de l'Union européenne et le souci de préserver la diversité.
Bâtir l'Europe de la culture
« Oui, la future Europe a besoin d'une forte composante culturelle et d'une action au niveau communautaire », écrit la Fondation culturelle européenne qui le justifie en expliquant que les processus d'intégration et d'élargissement nécessitent une forte participation qui ne peut se fonder que sur la communication et la compréhension que véhicule justement la culture. Elle y ajoute deux autres raisons: la nécessité d'apporter des réponses interculturelles face à la mondialisation et au développement de sociétés multiculturelles et le besoin d'une action au niveau européen pour favoriser la diversité de la création qui est un des atouts majeurs de la compétitivité européenne. La Fondation plaide pour un renforcement de l'article 151.
La FERA demande l'introduction du vote à la majorité qualifiée pour la politique culturelle
La Fédération européenne des réalisateurs de l'audiovisuel (FERA) souhaite que la Convention européenne reconnaisse le droit d'auteur comme le socle de la liberté d'expression et regrette de ne pas avoir été suivie sur ce point lors de la rédaction de la Charte des droits fondamentaux. « Le seul moyen de bâtir une véritable politique européenne de l'audiovisuel et de la culture est de passer l'article 151 au vote à la majorité qualifiée », écrit la FERA qui ajoute: « Les créateurs veulent plus d'Europe dans la création et attendent des traités européens qu'ils permettent une politique commune de la culture axée sur la circulation de toute la diversité de la création européenne ». La FERA souhaite cependant le maintien de l'unanimité pour le commerce des services culturels et audiovisuels (article 133). Elle préconise également la création d'une agence spécifique chargée de la gestion du programme Media.
Préserver la diversité linguistique
Le Bureau européen pour les langues les moins répandues rappelle que pas moins de 40 millions de citoyens de l'Union utilisent régulièrement une langue régionale ou minoritaire. Il souhaite une modification de la Charte des droits fondamentaux ou l'insertion d'un article spécifique sur la diversité linguistique. Cet article devrait garantir qu'aucune politique ou mesure décidée par l'Union soit prise ou appliquée au détriment de la diversité linguistique. L'UE pourrait prendre, par le biais d'une procédure de codécision, des mesures visant à développer la coopération (y compris transfrontalière) en vue de promouvoir la diversité linguistique. Il soutient aussi la demande visant à passer de l'unanimité à la majorité qualifiée lors des votes au Conseil sur les politiques culturelles.
Pour une politique européenne de l'éducation
Le Forum européen pour la liberté dans l'éducation plaide pour l'insertion de la Charte des droits fondamentaux dans le futur traité constitutionnel. Il demande que les actuels articles 149 (éducation) et 150 (formation professionnelle) soient regroupés pour faire disparaître une « séparation artificielle » et que l'Union puisse disposer d'une compétence partagée avec les Etats membres dans ce secteur. Le catalogue des objectifs poursuivis par cette politique communautaire devrait notamment faire référence à la pluralité d'offres en matière d'enseignement, privé et public. Dans le respect du principe de subsidiarité, le Forum plaide aussi pour un renforcement de l'action communautaire en particulier en ce qui concerne la coordination des politiques nationales d'éducation et les relations avec les pays tiers.
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