New Delhi, 24/05/2002 (Agence Europe) - Alors que les craintes d'une guerre imminente entre l'Inde et le Pakistan semblaient s'être quelque peu dissipées au cours des dernières heures, le Commissaire européen chargé des relations extérieures, Chris Patten, était vendredi le premier d'une série de diplomates à se rendre dans la région. Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw y est en effet attendu la semaine prochaine et le secrétaire d'Etat américain adjoint Richard Armitage le 4 juin. Chris Patten, qui a rencontré plusieurs dirigeants indiens, dont le ministre des Affaires étrangères Jaswant Singh, a exhorté le Pakistan à prendre des mesures concrètes pour réprimer les activistes islamistes cachemiris que New Delhi accuse de perpétrer des attaques en Inde en utilisant le Pakistan comme base arrière. Faute de quoi, a-t-il averti, "l'avenir se présente plutôt mal". Appelant le Pakistan à respecter les résolutions du Conseil de sécurité contre le terrorisme et les engagements pris en janvier par le président pakistanais Pervez Musharraf, le Commissaire européen a déclaré que "(son) impression est que la crédibilité des promesses pakistanaises (...) en Inde est proche de zéro", ajoutant que "tant que nous ne verrons pas de progrès dans la réduction du niveau d'infiltration (des activistes) et une réduction du niveau de la violence au Jammu et Cachemire, les perspectives resteront mauvaises". Après sa rencontre avec les dirigeants indiens, M. Patten a fait savoir que l'Inde démentait une information publiée par le quotidien Hindustani Times selon laquelle elle aurait décidé de concéder à Islamabad un délai de deux mois pour prouver que les Pakistanais sont déterminés à réprimer les activistes islamistes. Jeudi, le Haut Représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, avait appelé depuis Copenhague les deux puissances nucléaires "à la retenue et au bon sens" afin d'éviter une confrontation ouverte aux conséquences incalculables. "Nous sommes très préoccupés par la situation et nous faisons tout ce que nous pouvons pour réduire les tensions dans cette partie du monde", avait déclaré à la presse M. Solana.