Bruxelles, 24/04/2002 (Agence Europe) - L'ordre du jour de la Convention européenne couvre ce que nous demandons depuis des années « sinon des décennies » - davantage de transparence et un « nouvel aménagement des compétences », a souligné mercredi devant la presse Edmund Stoiber, ministre-président de Bavière et candidat de la CDU-CSU au poste de chancelier fédéral, après une série de rencontres à Bruxelles. Ceci prouve que ceux qui avaient suffisamment de « souffle » avaient raison, a-t-il dit, en rappelant qu'il plaide lui-même pour une subsidiarité réelle depuis les années 80. En même temps, M.Stoiber a constaté qu'il était d'accord avec le Président Prodi (qu'il avait longuement rencontré mardi soir) et avec le Président Cox pour reconnaître qu'un « grand changement », à l'avenir, sera la bien plus grande responsabilité qui incombera à l'Union européenne en matière de politique étrangère, de défense et de sécurité, extérieure et intérieure. La politique européenne n'est plus une politique étrangère « classique », et ne doit pas continuer à être l'affaire des ministres des Affaires étrangères, a estimé aussi M.Stoiber qui, à la question de savoir s'il était pour la désignation de ministres aux Affaires européennes (un « Bocklet européen », a dit le journaliste, en faisant référence à la présence de Reinhold Bocklet, ministre bavarois pour l'Europe), a répondu: je l'avais déjà voulu pour la Bavière en 1987, et j'avais voulu un ministre pour l'Europe auprès de la Chancellerie, parce que c'est une « affaire pour le chef », et je demande pour Berlin ce que j'ai obtenu pour Munich.
Interrogé sur l'intervention d'Erwin Teufel, ministre-président du Bade-Wurtemberg, à la Convention européenne, dont les idées sur la délimitation des compétences ont été fraîchement accueillies, M.Stoiber a lancé: il ne s'agit pas d'un « catalogue de compétence », car le futur traité constitutionnel européen ne peut pas être comme la Constitution allemande. D'ailleurs, j'en ai parlé avec Erwin Teufel, et il m'a dit qu'à Bruxelles « il a été mal compris », a ajouté M.Stoiber. Et il a renchéri, en répondant à des questions sur la PAC: « on ne peut pas du tout dire » que nous avons réclamé une renationalisation de la politique agricole commune: cette politique doit rester « commune », et sans organisation du marché, le marché intérieur serait complètement bouleversé. Nous avons seulement proposé que chaque Etat membre puisse adopter des « mesures de soutien au revenu », en fonction de la situation de chacun, a insisté M.Stoiber. Là, M.Bocklet a précisé que la PAC n'est pas traitée dans le papier « Schäuble-Bocklet » notamment parce que les positions française et allemande sont « relativement éloignées »: après les élections, nous ferons une proposition ensemble avec la France, a-t-il annoncé. Pour la politique régionale, nous suggérons de concentrer les interventions sur les régions réellement faibles, a rappelé M.Stoiber, en qualifiant d'absurde que des Etats membres comme l'Allemagne, la France, l'Autriche ou la Suède, par exemple, doivent payer beaucoup d'argent dans les caisses de l'UE, pour en demander ensuite pour leurs régions.
Au cours de la même conférence de presse, le président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pöttering a affirmé que la politique européenne d'Edmund Stoiber se place pleinement « dans la tradition d'Adenauer et Kohl, et naturellement aussi Franz-Joseph Strauss ». Par ailleurs, il s'est félicité que le président Prodi rencontre le chancelier Schröder à Bruxelles et pas à Berlin comme proposé au départ (la Commission n'est pas « un cirque ambulant », a-t-il dit). Enfin, M.Pöttering, à propos du succès électoral de Jean-Marie Le Pen, a affirmé que ceux qui disent qu'il faut « sortir la France de l'Europe » mettent en péril la construction européenne et ses valeurs.