Bruxelles, 24/04/2002 (Agence Europe) - La commission des Affaires étrangères du Parlement européen s'est inquiétée, lors de sa discussion sur le rapport de John Cushnahan (PPE-DE, irlandais) concernant l'accord de coopération de troisième génération UE/Pakistan, de la décision du Président Musharraf de tenir le 30 avril un référendum sur la prolongation de sa présidence pendant cinq ans. La Constitution autorise la tenue d'un référendum sur tous les sujets d'importance nationale, mais le recours à une telle procédure pour élire un Président est contraire aussi bien à la Constitution qu'à la ligne démocratique que s'était fixée le président pakistanais, a remarqué le président de la commission Elmar Brok (démocrate-chrétien allemand), en soulignant que ce référendum ne doit pas compromettre les élections générales prévues en octobre prochain.
Dans un communiqué, M. Cushnahan se félicite de ce que ses collègues aient entériné sa stratégie visant à reporter l'avis conforme du Parlement européen sur le nouvel accord UE/Pakistan jusqu'à après les élections d'octobre prochain. Devant la commission parlementaire, M. Cushnahan a affirmé que la décision de tenir un référendum est "en conflit avec la Constitution pakistanaise" et a exprimé son inquiétude quant à la possibilité des partis politiques de participer librement à la campagne électorale. M. Cushnahan constate en particulier que "le fait que chaque citoyen au-dessus de dix-huit ans possédant une carte d'identité valable puisse voter dans n'importe quel siège électoral de son choix crée un potentiel de fraude électorale", et considère qu'il n'est donc "pas surprenant que le référendum proposé se soit heurté à une opposition significative au Pakistan même, à travers tout le paysage politique". Tout en appréciant les progrès faits au Pakistan pendant la présidence Musharraf et son appui à la coalition mondiale anti-terrorisme, M. Cushnahan a dit que la tenue d'un tel référendum fait craindre que le Président pakistanais "s'éloigne de manière significative de son engagement de ramener le pays à la démocratie d'ici octobre prochain". Et il a souligné que la commission des Affaires étrangères devrait vérifier si les droits de l'homme et les principes démocratiques énoncés dans l'Article 1er de l'accord de troisième génération sont respectés: seulement à ce moment-là je serai en mesure de recommander à la commission parlementaire que le Parlement donne son avis conforme à l'accord de coopération ou pas, promet-il.