Bruxelles, 24/04/2002 (Agence Europe) - Dans le cadre de sa série EPC Dialogue, le The European Policy Forum (EPC) a organisé le 22 avril un séminaire sur le thème "La stratégie de Lisbonne et, maintenant, après Barcelone", sous la présidence de Hywel Ceri Jones.
L'un des principaux artisans de cette stratégie, la Prof. Maria Joao Rodrigues (actuellement - et entre autres fonctions européennes - Conseiller spécial du Président Romano Prodi), a estimé que "les contours de cette stratégie sont à présent assez clairs et couvrent bien les dimensions économique, sociale et environnementale" tout en insistant sur la nécessité de "garder cet équilibre". De plus, "les différentes politiques qui composent la stratégie de Lisbonne se traduisent maintenant en détail au niveau national. C'est pourquoi le bateau navigue dans le bon sens et nous avons des garanties que ça continuera. Bien sûr, une stratégie est toujours sujette à interprétation et à différentes lectures politiques", a déclaré en substance Mme Rodrigues. En ce qui concerne les garanties pour l'avenir, elle note qu'"il existe des repères clairs; il faut aussi éviter d'ajouter trop d'éléments supplémentaires, parce que les politiques sont déjà suffisamment détaillées. Il faut donc accorder la priorité aux orientations nationales et locales, et montrer clairement aux citoyens que cette stratégie est en train de changer petit à petit leurs conditions de vie et de travail". Elle explique par exemple que "c'est le cas quand on observe les différentes applications des technologies de l'information dans les écoles, les entreprises, les services publics, ou encore la coopération accrue entre les chercheurs européens, l'émulation entre les Etats membres pour faciliter l'entrepreneuriat et le fonctionnement des PME, le paquet sur les marchés financiers, les plans d'action nationaux pour lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté dans l'UE, la coopération étroite entre gouvernements et partenaires sociaux pour assurer et diffuser l'apprentissage tout au long de la vie". Cependant, ajoute-t-elle, les citoyens doivent être plus et mieux informés afin de "comprendre les effets réels de l'intégration européenne et de la stratégie de Lisbonne". Ceci pourrait se faire par le truchement d'une campagne d'information, estime-t-elle. Mme Rodrigues a rappelé que la stratégie de Lisbonne s'inspire de l'exemple de Jacques Delors et son Livre blanc sur la compétitivité et l'emploi, et estime qu'"il faut mettre à jour une stratégie de développement économique et social des valeurs européennes à l'avenir".
Le Commissaire responsable de la politique des entreprises et de la société de l'information Erkki Liikanen a souligné pour sa part la nécessité, à l'avenir, "d'avoir une meilleure réglementation pour protéger les citoyens et leur environnement". La prochaine étape sera constituée par le Plan d'action, qui sera présenté au Sommet de Séville et qui comporte quatre priorités: 1) amélioration de la préparation de la nouvelle législation; 2) simplification et amélioration des textes existants; 3) meilleures transposition et mise en application de la législation européenne dans les Etats membres; 4) mise en place d'une nouvelle culture de la réglementation.
Quant à l'aspect fiscal de la stratégie de Lisbonne, Graham Bishop (conseiller en affaires financières) a présenté le Plan d'action des services financiers de la Commission européenne sur lequel le Sommet de Barcelone a permis de nouvelles avancées. Hans Martens (Martens International Consulting) a fait le point sur les problèmes de l'entrepreneuriat (fiscalité, connexions à Internet, etc.), tout comme le député européen Nick Clegg (libéral britannique), alors que Klaus Wienke (directeur du département "Taxes" du groupe Aventis) a annoncé la tenue d'une conférence européenne sur la fiscalité des entreprises organisée par la Commission européenne, les 29 et 30 avril prochains.